Le Conseil scientifique contre-indique le reconfinement même en cas de deuxième vague

Science

Par Antoine Gautherie le

Le conseil scientifique a présenté quatre scénarios potentiels. Aucun d’entre eux, pas même le plus pessimiste, ne fait état d’un retour à un confinement généralisé.

© jc_cards, Pixabay

La France n’a pas intérêt à mettre en place un deuxième épisode de confinement généralisé en France, selon le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy. C’est en tout cas ce qu’il a affirmé au Parisien ce jeudi, insistant sur le fait que le virus “circule toujours”, bien qu’à  faible vitesse. Pour autant, il juge que les conséquences seraient trop lourdes pour que le pays puisse se permettre de se remettre en hibernation complète et a complètement écarté cette éventualité.

La première fois, il était indispensable, on n’avait pas le choix, mais le prix à payer est trop lourd. La population ne l’accepterait sûrement pas, les conséquences économiques seraient majeures.

Quatre scénarios envisagés

A l’heure actuelle, le gouvernement et le conseil scientifique ont imaginé quatre scénarios possible, allant du plus favorable au plus inquiétant. Le premier, c’est le plus favorable : dans ce cas, la situation serait presque idéale et le gouvernement n’aurait que très peu de mesures à prendre pour maintenir le statut quo. Le second, c’est l’émergence d’un cluster important, explique-t-il en citant l’exemple de Mulhouse, dans le Grand Est. Dans ce cas, un confinement localisé reste cependant envisageable. Il pourrait s’étendre à un département ou se limiter à une métropole particulièrement impactée, qui serait alors mise “sous cloche”.

Les deux derniers sont les plus pessimistes. Le troisième, particulièrement redouté, est celui d’une lente dégradation progressive de tous les indicateurs utilisés pour mesurer l’intensité de l’épidémie, comme le nombre d’hospitalisations. Enfin, le dernier scénario est celui d’un retour à un stade critique avec toutes les difficultés rencontrées pendant le pic de l’épidémie, comme la saturation des réanimations.  S’il s’agit du scénario le moins probable, il n’est pas possible de l’écarter et reste une vraie possibilité en cas de baisse de la vigilance.

Le conseil scientifique a insisté sur l’importance de préparer une réponse appropriée à chacun de ces scénarios, seule façon d’éviter un nouveau confinement à l’échelle du pays.

L’importance d’une planification minutieuse

Mais Jean-François Delfraissy explique surtout qu’il y a urgence à mettre en place des plans de protection dans les zones les plus exposées : les métropoles (et notamment les plus densément peuplées), les hôpitaux, et évidemment les Ehpad pour lesquels des mesures particulières sont prévues.

En particulier, la principale mesure évoquée est de déclencher un dépistage systématique de tout le personnel soignant de ces établissements, dont beaucoup ont été pointés du doigt pour leur gestion de la crise et leur bilan humain considérable. Cela implique également de “renforcer les mesures barrière et de distanciation”. Par exemple, cela pourrait se traduire concrètement par une obligation de porter le masque dans les espaces confinés. Il faut donc s’attendre à ce que le gouvernement communique une marche à suivre correspondant à l’un de ces quatre scénarios dans les semaines à venir.