Une start-up blockchain s’associe au gouvernement indien pour garantir de meilleurs revenus aux agriculteurs

Crypto

Par Thomas Humbert le

La start-up Agri10x, spécialisée dans l’intelligence artificielle et la blockchain appliquées à l’agriculture, a annoncé il y a 3 semaines avoir conclu un partenariat avec le gouvernement indien afin de permettre aux agriculteurs locaux de trouver des acheteurs sans intermédiaire grâce à la blockchain.

Alors qu’en Inde, la majorité de la production des agriculteurs est vendue à des intermédiaires, en dehors des agences gouvernementales, et donc souvent en dessous du prix minimum de support (prix fixé par le gouvernement indien afin de garantir un profit minimum aux agriculteurs) on comprend bien la nécessité de rééquilibrer la balance.

C’est le point de départ du partenariat d’Agri10x et du gouvernement indien. L’objectif est de permettre aux communautés agricoles rurales et éloignées de s’inscrire sur la plateforme blockchain de l’entreprise, pour proposer leur production à la vente. De fait, la blockchain remplace les intermédiaires et permet de mettre en relation directe les producteurs locaux avec les acheteurs.

Grâce à cette solution, les agriculteurs pourraient valoriser leurs cultures à leur juste valeur et éviter la perte de profit liée à la vente à un intermédiaire. En plus de toucher une rémunération plus juste, ils bénéficieraient du paiement dans son intégralité et en temps voulu grâce à l’utilisation de smart contracts (contrats intelligents). En somme, la plateforme a pour but de créer des échanges plus équitables, et donc d’accompagner le développement en Inde.

D’après le CEO d’Agri10x, ce partenariat devrait, non seulement augmenter significativement le revenu des agriculteurs, mais aussi booster le nombre d’emplois dans l’industrie agricole. D’ici la fin de l’année, ce sont près de 3 millions d’agriculteurs indiens qui devraient bénéficier de ce projet selon Agri10x.

SOURCE : Pexels

Mais l’usage de la blockchain en Inde ne s’arrête pas là. La blockchain pourrait aussi servir pour collecter des informations en temps réel sur les cultures, afin notamment de gérer efficacement les récoltes. Le Maharastra, le 2ème plus grand état indien, annonçait même en 2019 avoir l’intention d’appliquer la blockchain à la chaine d’approvisionnement et au marketing agricole. Un peu plus tôt la même année, le ministère du commerce et de l’industrie indien, avait annoncé le lancement d’un test de blockchain dans le but d’améliorer la transparence et la traçabilité de la production de café indienne. Des initiatives du programme de développement des nations unies (UNDP) visent également l’utilisation de smart contracts pour rendre plus transparents les transferts de propriété et la gestion du cadastre.

Enfin, l’Inde n’est pas la seule à promouvoir la blockchain dans le domaine de l’agriculture.
C’est le cas notamment du président français Emmanuel Macron qui, en 2019 au salon de l’agriculture, évoquait le besoin d’utiliser les nouvelles technologies, dont la blockchain, en matière de sécurité alimentaire. En guise d’exemple concret, une plateforme blockchain a été testée aux États-Unis en association avec la start-up ripe.io pour suivre la chaine d’approvisionnement de porcs. Celle-ci permettrait, selon l’entreprise, d’évaluer le bon suivi des normes de sécurité sanitaire, la santé du bétail et la protection de l’environnement.