Il pourrait y avoir 36 civilisations alien à portée de contact

Espace

Par Antoine Gautherie le

Après avoir retravaillé certains paramètres de l’équation de Drake, censée permettre de calculer le nombre de civilisations intelligentes joignables dans l’univers, une équipe de l’université de Nottingham estime qu’il pourrait y en avoir 36 à portée de contact.

© Pete Linforth, Pixabay

Voilà un chiffre qui va très certainement donner le sourire à tous les passionnés d’espace : d’après les travaux d’une équipe de l’université de Nottingham, parus dans The Astrophysical Journal et relayée par le Guardian, le nombre probable de civilisations aliens susceptible d’être contactées serait de 36. D’après Christopher Conselice, co-auteur de l’étude, il s’agit de la “première vraie estimation du nombre de civilisations actives, intelligentes et capables de communiquer, que nous pourrions potentiellement contacter”. La nouveauté dans ce chiffre serait son apparente précision. Car les astronomes de tout poil n’ont pas attendu 2020 pour formuler des estimations quant au nombre de civilisations intelligentes potentiellement à notre portée.

Une date absolument majeure dans l’histoire de ces estimations est arrivée en 1961, quand le mathématicien et astronome Frank Drake a proposé la désormais célèbre équation qui porte son nom. L’”équation de Drake”. L’objectif : estimer le plus objectivement possible le nombre de civilisations intelligentes que nous pourrions contacter en tenant compte de tout un tas de facteurs. On peut citer le taux de formation d’étoiles, le nombre de planètes potentiellement habitables, le désir de communiquer…

Mais très vite, il est apparu évident que ces facteurs étaient souvent bien trop abstraits : la plupart sont quasiment impossibles à calculer et difficiles rien qu’à estimer. En témoignent les différentes estimations des sommités du milieu, qui s’échelonnent de zéro à plusieurs milliards. Au vu de cet écart, il est apparu comme très clair que l’équation de Drake tient davantage de l’outil de raisonnement que de la vraie méthode calculatoire. Et même si l’équipe de recherche a fait mieux, ils n’ont pas résolu l’équation de Drake pour autant et ont du prendre quelques libertés.

Un raisonnement valable, mais toujours indémontrable

Pour obtenir leur chiffre de “4 à 211” civilisations, 36  étant le plus probable, Tom Westby et Christopher J. Conselice ont proposé une version retravaillée de l’équation de Drake avec notamment une approximation importante. Ils sont partis du principe que sur des planètes analogues à la Terre, la vie intelligente “se formerait d’elle-même sous quelques millions d’années, dans le cadre normal de l’évolution”. Une supposition qui pourrait paraître très audacieuse mais qui, selon les auteurs, se justifie parfaitement : pour eux, toute réaction chimique, y compris celles nécessaires à l’apparition de la vie intelligente, finira par se dérouler si les conditions sont réunies.

© Arek Socha – Pixabay

Bien malin qui pourra dire s’il s’agit d’un raccourci futé et justifié ou d’une approximation qui n’a rien à envier à l’équation de Drake. En partant du principe que la vie se développe après 4,5 à 5,5 milliards d’années après la formation d’une étoile – comme sur Terre -, l’équipe de Nottingam affine certes son estimation, mais la solidité de celle-ci reste entièrement suspendue à notre connaissance des origines de la vie sur Terre… encore largement incomplète.

Reste que si ces estimations ne sont pas plus vérifiables que d’autres, elles n’en sont pas pour autant déraisonnables.Peut-on alors espérer rencontrer l’une de ces 36 civilisations de notre vivant ? C’est malheureusement peu probable, si toutes ces estimations se révélaient exactes. D’après les calculs présentés dans l’étude, le plus proche de nos voisins civilisés serait situé à la bagatelle de… 17.000 années-lumière, ce qui impliquerait que notre civilisation survive 6120 ans, toujours selon leurs calculs. Vous l’aurez compris, ce ne sont pas ces recherches qui vont nous rapprocher du premier contact. Pour faire un pas significatif dans cette direction, il nous faudra d’abord faire de nets progrès sur les mécanismes d’apparition de la vie sur Terre, puis l’adapter au cas général avant de s’attaquer aux autres facteurs : pas une mince affaire !