Deux nouvelles études pointent l’inefficacité de l’hydroxychloroquine contre la COVID-19

Science

Par Felix Gouty le

Deux nouvelles études – l’une, britannique, s’intéressant au taux de mortalité des malades et l’autre, américaine, à la réduction des symptômes – constatent aujourd’hui l’inefficacité d’un traitement à l’hydroxychloroquine contre la COVID-19.

Crédits : jarmoluk / Pixabay.

Après une première grande étude statistique controversée publiée dans The Lancet, deux nouvelles études scientifiques attestent une fois encore de l’inefficacité de l’hydroxychloroquine contre la COVID-19. L’antiviral, utilisé généralement pour traiter le paludisme et certaines maladies auto-immunes, n’aiderait absolument pas à réduire le taux de mortalité des malades infectés par le coronavirus SARS-CoV-2 selon une étude britannique et une étude américaine. La première, actuellement en pré-publication, est issue d’une série d’essais cliniques mis en place en urgence par le gouvernement britannique pour tester différents remèdes. Surnommés Recovery (pour “Randomised Evaluation of COVID-19 Therapy”), ils ont notamment permis de constater que la dexaméthasone pouvait augmenter les chances de survie des cas les plus graves. Dans le cadre de ses essais dits randomisés, divers services hospitaliers britanniques ont donné de l’hydroxychloroquine comme traitement aux malades sans le savoir. Ce n’est qu’au moment de récupérer et de compiler les données ainsi générées, pour ensuite les comparer à celles d’un groupe témoin de patients non-traités, que les chercheurs ont été en mesure de tirer leurs conclusions. Au final, après 28 jours de traitement, 26,8% des 1 561 personnes testées sont décédées. En comparaison, parmi les 3 155 personnes du groupe contrôle n’ayant pas reçu d’hydroxychloroquine, le taux de mortalité était de 25%. Autrement dit, l’antiviral n’a malheureusement rien changé pour les malades. Pire encore, comme le signalent les chercheurs britanniques, le traitement a été souvent “associé à une augmentation du temps d’hospitalisation et du risque d’aggravation de la maladie.”

L’hydroxychloroquine ni ne soigne ni n’atténue les symptômes de la COVID-19

Quant à la seconde étude en question, récemment publiée dans la revue Annals of Internal Medecine et menée par des chercheurs de l’université du Minnesota, aux États-Unis, même constat au niveau symptomatique : prendre de l’hydroxychloroquine ne change rien. Les chercheurs du Minnesota n’ont pas mené leurs recherches en milieu hospitalier mais plutôt auprès de malades légers, contaminés par des proches dont l’infection était confirmée. Pendant deux semaines d’isolement, 500 volontaires ont quotidiennement évalué l’intensité de leurs symptômes, dont la toux, la fatigue et la migraine. Les médecins ont donné de l’hydroxychloroquine à 201 personnes et un placebo à 194 autres volontaires. Chez 24% du premier groupe – contre 30% du second – le traitement n’a induit aucune réduction des symptômes. En juin dernier, la même équipe de recherche avait publié une étude dans The New England Journal of Medecine, affirmant que la prise préventive d’hydroxychloroquine (dans les quatre jours après une exposition à un individu malade) était, elle aussi, inefficace. Pour conclure, “l’hydroxychloroquine ne devrait pas être utilisée en milieu hospitalier”, déclare Martin Landray, chercheur à l’université d’Oxford impliqué dans les essais Recovery, à Wired. Point final ?

Source: Wired