Twitter ne protège pas assez les femmes, selon Amnesty International

Sécurité

Par Amandine Jonniaux le

Dans un récent rapport publié par Amnesty International, l’ONG accuse Twitter de ne pas faire assez pour protéger les femmes sur sa plateforme.


Si vous êtes une femme, Twitter n’est pas un lieu sûr. C’est du moins ce qu’estime l’organisation à but non gouvernemental Amnesty International, dans un rapport publié ce mardi 22 septembre. Selon l’ONG, le réseau social “n’en fait toujours pas assez pour protéger les femmes contre les violences et les abus en ligne, malgré de multiples promesses”. Une situation qui entraverait “le droit des femmes à s’exprimer équitablement, librement et sans crainte” et serait liée à de nombreux abus, souvent cumulés et décuplés si ces dernières appartiennent en plus à des minorités (LGBTQ+, handicapées ou racisées).

Toxic Twitter

Il y a deux ans, l’organisation avait déjà pointé du doigt le réseau social dans un premier rapport baptisé « Toxic Twitter » rappelle France Inter. Ce dernier proposait au réseau social dix recommandations destinées à le rendre plus transparent et plus sûr pour les personnes victimes de violences et de harcèlement – peu importe leur genre. Dans son rapport publié cette semaine, Amnesty International dresse un bilan pourtant bien maigre de la prise en compte de ces recommandations. Sur les dix points abordés par l’ONG il y a deux ans, seul un a finalement été pris en compte par la plateforme, à savoir celui d’expliquer plus clairement le fonctionnement des procédures de recours, facilitant ainsi les démarches pour les internautes victimes d’abus.

Si une seule mesure a véritablement été appliquée sur le réseau social, Twitter affirme cependant travailler activement sur six autres points abordés par Amnesty International en 2018 : à commencer par la possibilité de recueillir des témoignages lors d’une procédure de recours, mais aussi le fait de proposer une meilleure information des utilisateurs concernant les risques encourus en cas de comportement toxique et violent. Dans son rapport, Amnesty International salue ainsi les quelques efforts du réseau social, tout en l’appelant à en faire davantage, notamment au niveau de la transparence de ses données par pays. “Il est tout à fait dans ses (Twitter ; ndlr) cordes de mettre en place ces changements”, assure l’ONG. De son côté, Twitter a reconnu devoir en faire davantage pour protéger ses utilisateurs et utilisatrices, tout en s’opposant à la publication de données par région, qui pourrait “prêter à une mauvaise interprétation”.