L’Union européenne investit 8 milliards d’euros pour des supercalculateurs

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Par Olivier le

L’Europe veut peser sur la scène mondiale du calcul de haute performance. L’Union européenne va consacrer 8 milliards d’euros au développement et la fabrication de supercalculateurs.

Crédit : skeeze, Pixabay
Crédit : skeeze, Pixabay

Le traitement des données devient un enjeu de plus en plus régional. À l’heure où chaque pays investit pour devenir numériquement souverain, il devient essentiel d’avoir sous la main les calculateurs les plus puissants. Devoir traiter des données sensibles par un autre pays est une idée de moins en moins acceptée par les populations.

L’Europe loin derrière

En Europe, le problème est commun : les États membres capables de rivaliser avec les États-Unis et la Chine (ils dominent le classement des supercalculateurs) sont bien peu nombreux. Pour faire entendre sa voix dans ce secteur stratégique, les investissements doivent donc être réalisés à l’échelle européenne. Durant son discours sur l’état de l’Union, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé un budget de 8 milliards d’euros pour la production de la prochaine génération de supercalculateurs.

Cette enveloppe conséquente doit repositionner l’Europe dans la bagarre de ces ordinateurs surpuissants, capables de calculer des milliers et des millions de milliards de calculs par seconde. Et qui sont nécessaires à la recherche scientifique, l’industrie, les sciences de l’environnement, l’intelligence artificielle, etc. Sur les 500 plus gros supercalculateurs de la planète, l’Europe se contente de quelques dizaines de positions quand les États-Unis en comptent 114 et la Chine 226.

Nvidia et l’université de Floride ont annoncé cet été la construction d’un supercalculateur capable de délivrer 700 petaflops en moyenne, soit 700 millions de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde. C’est davantage que le Fugaku japonais, en tête du classement, avec ses 415 millions de milliards de calculs par seconde… L’Europe veut donc s’inviter dans le secteur avec des moyens.

Reste à savoir si tout cet argent sera suffisant pour attirer les talents indispensables à la création de ces ordinateurs extrêmement puissants. Il faut aussi pouvoir créer un écosystème de matière grise et la volonté seule ne suffit pas.