IonQ va bientôt commercialiser « l’ordinateur quantique le plus puissant du monde »

Hardware

Par Felix Gouty le

La machine mise au point par IonQ briserait le record de volume quantique d’IBM. Son secret ? Compter sur un nombre limité de Qubits mais stabilisés sans marge d’erreur.

Crédits : IonQ.

Comme veut l’adage « mieux vaut la qualité que la quantité », la jeune société informatique américaine, IonQ, a dévoilé aujourd’hui ce qu’elle présente comme « l’ordinateur quantique le plus puissant du monde. » Chris Monroe, son cofondateur et directeur scientifique, prétend même qu’il serait « capable d’exécuter des choses qu’aucun autre ordinateur quantique n’est capable et, surtout, que IonQ saurait même comment l’améliorer encore davantage. » IonQ compte même commercialiser sa technologie incessamment sous peu par le biais des plateformes de développement quantique Amazon Bracket et Azure Quantum de Microsoft.

Le record volumique quantique

Si IonQ se targue d’avoir l’ordinateur quantique le plus puissant de la planète, c’est parce que sa nouvelle machine briserait le record du volume quantique d’IBM. Cette mesure, établie par Big Blue, est censée donner une estimation de la performance d’un ordinateur quantique, en fonction de son efficacité contre son taux d’erreurs. En août dernier, IBM a ainsi annoncé avoir atteint l’échelon 64 de volume quantique sur un ordinateur de 27 Qubits. Pour rappel, les qubits sont considérés comme la plus petite unité quantique de stockage de données informatiques. Ils sont l’équivalent des bits en informatique conventionnelle mais ne peuvent, en théorie, contenir plus d’informations qu’un simple « 0 » ou « 1 ». IonQ affirme être parvenu à quatre millions sur l’échelle du volume quantique sur un ordinateur de 32 Qubits. Autrement dit, la fidélité de calcul de cette machine quantique est de 99,9% – du jamais vu, en matière d’informatique quantique.

La qualité plutôt que la quantité quantique ?

Selon IonQ, ce qui fait la différence est son approche quantique. Les géants du secteur, IBM comme Google, opèrent avec de grandes quantités de Qubits super-conducteurs pour stocker et traiter l’information. Ces derniers sont plus ou moins instables et peuvent entraîner des erreurs. Néanmoins, leur grand nombre permet, en s’appuyant sur la probabilité, de réduire le taux d’erreur. Fier de cette stratégie, IBM compte même développer un ordinateur de 1121 Qubits d’ici 2023. IonQ, de son côté, a choisi une technique appelée d’informatique quantique à ions piégés. Elle se sert d’éléments chimiques chargés comme support d’information. À l’aide de champs électromagnétiques, elle les maintient dans l’état souhaité et les confine sur un support physique leur conférant, a priori, une grande stabilité. En somme, l’idée d’IonQ est de fonctionner avec une quantité limitée de Qubits dont aucun ne serait capable de produire une erreur.

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