L’Univers aurait vécu plusieurs Big Bang, selon le nouveau prix Nobel de physique

Espace

Par Felix Gouty le

Sir Roger Penrose, l’un des deux nouveaux prix Nobel de physique, pense que l’Univers n’est que le résultat d’un cycle. Autrement dit, il n’y a pas eu qu’un Big Bang : il y en a eu un avant nous et il y en aura un après.

Crédits : geralt / Pixabay.

« Le Big Bang n’était pas le début : il y avait quelque chose avant le Big Bang que nous rencontrerons à l’avenir », a déclaré le mathématicien et astrophysicien britannique, Sir Roger Penrose, au Telegraph (relayé par Big Think). Ce dernier a reçu, mardi dernier, l’un des deux prix Nobel de physique décernés cette année. Il l’a obtenu en récompense de ses travaux sur la relation entre les trous noirs et la théorie de la relativité générale énoncée à l’origine par Albert Einstein. Il a notamment découvert qu’un objet cosmique massif, comme une étoile, qui devient trop dense finit par subir un effondrement gravitationnel. Celui-ci peut les amener à devenir des trous noirs ou mêmes à des singularités gravitationnelles – des régions spatio-temporelles de masse, théoriquement, infinie. Le Big Bang aurait été justement l’une de ses singularités. Mais contrairement à la pensée actuelle, Sir Roger Penrose affirme qu’il n’a pas été la première singularité cosmique et qu’il ne sera pas la dernière.

L’Univers serait un phénix

Sa théorie d’une « cosmologie cyclique conforme » avance que l’Univers n’est pas né du Big Bang puis d’une phase d’inflation continuelle. Celui-ci serait seulement le résultat d’un cycle perpétuel de développement puis de dégradation de la matière, donc de naissance et de destruction de la toile cosmique, à l’image d’un phénix. En somme, l’Univers pourrait, à l’avenir, subir un nouveau Big Bang pour renaître. Selon le chercheur de l’université d’Oxford, les trous noirs sont la clé de l’existence de ce mystérieux cycle. Il prend pour preuve sa découverte de six « points de Hawking« , décrits pour la première fois par le regretté Stephen Hawking. Ces derniers correspondraient à des trous noirs dont l’immense radiation fuit ou s’évapore. Selon l’astrophysicien défunt, ce processus prendrait non seulement plus longtemps que l’âge de l’Univers lui-même mais suggérerait qu’il existe des trous noirs « morts » dans l’Univers. Ces fossiles cosmiques seraient ainsi des témoins de précédents cycles, ou « aeons« , antérieurs au dernier Big Bang. Cette hypothèse reste grandement controversée, notamment, compte-tenu notamment de l’impossibilité actuelle d’observer ces cadavres de trous noirs. Le reste des cosmologistes aurait aussi du mal à admettre que toute la matière de l’Univers pourrait un jour disparaître. Enfin, la théorie de la cosmologie cyclique conforme implique donc que l’Univers n’a pas eu nécessairement de début ni de fin. Il faut avouer que cela aurait de quoi troubler n’importe qui.

Big-bang : Comprendre...
14 Commentaires
Big-bang : Comprendre...
  • 304 Pages - 10/10/2018 (Publication Date) - FLAMMARION (Publisher)