Elections US : Facebook sortira l’artillerie lourde en cas de chaos

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Par Victor le

À  peine une semaine avant le scrutin des élections présidentielles américaines, Facebook multiplie les mesures de dernière minute pour empêcher une désinformation de masse le 3 novembre prochain. Cette fois-ci, le réseau social américain s’appuie sur des outils déjà utilisés dans des pays dits « à risque ».

Simon Steinberger – Pixabay

Est-on en train de paniquer à la Silicon Valley ? La crainte d’un chaos post-élections, d’abord sur les réseaux sociaux, puis dans la rue, grandit exponentiellement aux États-Unis, un peu plus d’une semaine avant l’annonce des résultats de la présidentielle américaine. En témoigne cette décision récente de Facebook, qui va ressortir du placards des outils anti-désinformation employées dans des pays considérés par le réseau social comme étant « à risque ». Pour donner une idée de l’ampleur de cette initiative, il faut préciser que ces mesures sont mises en place sur Facebook s’il y a un risque, par exemple, de conflits ethniques violents. En d’autres termes, Facebook est arrivé à un point où il considère que les États-Unis peuvent être le théâtre d’affrontements violents après l’annonce des résultats de l’élection.

Pour évoquer un cas d’école, on peut parler de la Birmanie. Facebook avait tenté de lutter contre les messages de haine contre les Rohingyas en appliquant les mesures qu’ils souhaitent désormais appliquer aux États-Unis. À l’époque, certains avaient accusé le réseau social de ne pas être allé assez loin pour gérer cette crise. Fort de ce constat, Facebook pourrait déployer des mesures beaucoup plus radicales, comme des règles plus sévères sur les contenus jugés violents, la modification de l’algorithme du fil d’actualité pour éviter d’afficher certaines publications, ou encore un ralentissement de la propagation des messages lorsqu’ils commencent à devenir viraux. Il s’agit en réalité de la continuité de la philosophie de Facebook concernant ces élections. En septembre, Mark Zuckerberg avait écrit dans un blog  qu’il était « inquiet qu’avec notre nation si divisée et des résultats électoraux qui pourraient prendre des jours ou des semaines pour être finalisés, il pourrait y avoir un risque accru de troubles civils dans tout le pays ».

Le problème, c’est que ces mesures sont vivement critiquées au pays de la liberté d’expression garantie par la constitution. Même des employés de Facebook estiment que ces mesures pourraient empêcher des discussions politiques légitimes. Si on ajoute en plus de cela l’interdiction totale des publicités politiques sur Facebook après le 3 novembre (et indéfiniment), il sera très difficile de parler politique sur Facebook dans une semaine.