Brexit : Netscape cité comme un logiciel “moderne” dans les textes de l’accord

politique

Par Amandine Jonniaux le

On reproche souvent aux législateurs de ne pas être très à jour sur les grands questionnements technologiques de notre époque, et la mention de Netscape (disparu depuis 13 ans) dans les accords du Brexit semble confirmer les choses…

Crédits Netscape

Le Brexit sera officiellement appliqué à partir du 1er janvier prochain. Si l’accord entre la Grande-Bretagne et ses ex-confrères de l’Union européenne assure déjà de ne pas appliquer de frais de roaming entre les différents opérateurs téléphoniques, il explicite aussi certains points technologiques précis… Non sans peine.

Dans un tweet du professeur Bill Buchanan de l’université Napier d’Édimbourg, daté du 26 décembre dernier, et relayé par Gizmodo, on découvre ainsi qu’à la page 921 de l’accord du Brexit, il est fait mention d’Outlook, Mozilla Mail et Netscape Communicator comme des “logiciels email modernes”. Problème, si Outlook est toujours développé par Microsoft , ce n’est pas vraiment le cas des deux autres. En effet, Mozilla Mail a depuis bien longtemps laissé sa place à Thunderbird, développé en 2003. De son côté, la dernière mise à jour de Netscape Communicator 4.x date de 1998, soit il y a plus de 22 ans. Après avoir été laissé à l’abandon quelques années, le logiciel a finalement cessé d’exister en 2008.

Évidemment, l’accord de près de 2000 pages du Brexit comporte de nombreux points, qu’ils soient généraux ou plus précis, et cette erreur ne change finalement pas grand-chose au propos final. Cependant, l’évocation de plusieurs logiciels de mails complètement obsolètes, et donc potentiellement dangereux pose question. Selon la BBC, il ne s’agirait pas réellement d’une erreur, mais plutôt d’un simple copier-coller d’anciens textes au sein de l’accord du Brexit. Une explication plausible, mais qui ne justifie pas le fait que de nombreuses personnes ont lu le texte en amont… sans relever de problème. Qu’il s’agisse d’une simple erreur de copier-coller ou non, le problème témoigne malheureusement d’une fracture, cette fois bien réelle, entre le texte du Brexit et les différents enjeux technologiques, notamment chez les GAFAM. À aucun moment par exemple, il n’est fait mention d’un accord concernant la taxation des grandes entreprises, ou la lutte contre le piratage.

Source: Gizmodo