Wikileaks : la justice britannique refuse l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis

politique

Par Remi Lou le

La justice britannique vient rejeter la demande d’extradition du fondateur de Wikileaks vers les États-Unis, parce que celui-ci souffre d’un état psychologique particulièrement fragile. Une victoire en demi-teinte pour ses nombreux défenseurs qui voient en lui un symbole de la liberté d’expression.

Crédits : hafteh7 via Pixabay

La justice britannique vient de trancher : non, Julian Assange ne sera pas renvoyé aux États-Unis, après la demande d’extradition américaine visant à le juger outre-Atlantique où il est accusé d’espionnage. Une victoire pour ses défenseurs, mais seulement en demi-teinte puisque cette décision a été prise à cause de l’état de santé du fondateur de Wikileaks, et non pas en raison de son statut de journaliste réclamé par les défenseurs de la liberté d’expression dont il est devenu l’un des symboles. Le tribunal a en effet admis que l’état psychologique d’Assange ne lui permettait pas de retourner aux États-Unis, particulièrement hostile au personnage depuis la publication d’un grand nombre de documents américaines classés confidentiels. Les poursuites ont beau avoir été abandonnées du temps de Barack Obama et de son vice-président, Joe Biden, elles ont repris de plus belle sous la présidence de Donald Trump. Au cours du procès britannique, la juge Vanessa Baraitser a indiqué qu’il n’existait « pas de preuves évoquant une hostilité du président Trump envers M. Assange ou Wikileaks », mais que l’extradition ne pouvait pas se faire avant tout « pour des raisons de santé mentale » pouvant conduire l’homme à se suicider une fois sur le sol américain.

Pour rappel, Julian Assange est connu pour ses multiples révélations sur Wikileaks, site internet dont il est le fondateur et fut l’un des principaux animateurs. En 2010, il y publiait des centaines de milliers de documents confidentiels sur des opérations américaines menées en Afghanistan et en Irak. L’informateur a notamment révélé d’énormes scandales tels que la mort des dix-huit civils fauchés par des tirs de l’armée américaine à Bagdad. Aujourd’hui, il encourt près de 175 ans de prison aux États-Unis pour ses agissements sur Wikileaks, accusé par le gouvernement américain d’avoir mis en danger certaines sources des services de renseignement du pays. Ses défenseurs l’ont néanmoins érigé en véritable symbole de la liberté d’expression et de la presse. Comme le note La Ligue des Droits de l’Homme, « les charges contre lui reposent quasi exclusivement sur des activités que mènent au quotidien tous les journalistes d’investigation : publier des informations auparavant tenues secrètes (…) Les informations que Julian Assange a publié sont d’intérêt public et ont contribué au droit à l’information du plus grand nombre. » Une vision qui est partagée par de nombreuses personnalités, politiques et ONG à travers le monde, notamment au Mexique qui vient justement de lui proposer l’asile politique.

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