L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que la Chine était officiellement débarrassée du paludisme. Une victoire de taille, car endiguer cette maladie dans le pays le plus peuplé du monde n’avait rien de trivial.
C’est l’aboutissement d’un combat de plus de 70 ans, qui a commencé à l’époque de Mao Zedong. C’est lui qui a lancé le fameux “projet 523”, un vaste programme que l’on doit notamment l’artémisinine. Il s’agit de la base des antipaludiques les plus efficaces actuellement; sa découverte a valu le prix Nobel de médecine à la chercheuse chinoise Youyou Tu en 2015.

Parmi les autres dispositifs de santé publics mis en place dans ce cadre, on peut noter la stratégie “1-3-7”. Elle stipulait que les établissements de santé disposaient d’un jour pour signaler un cas de paludisme. Les autorités sanitaires devaient ensuite déterminer le risque de propagation dans les trois jours, avant de proposer un plan d’action sous une semaine.
L’aspect prévention était également très marqué; les autorités de santé publique ont mis en place un dispositif massif de dépistage et de traitement. Une partie significative des frais était prise en charge, pour faciliter l’accès au plus grand nombre.
Une situation à consolider
Mais tout n’est pas encore gagné pour autant. La Chine est peut-être débarrassée de la maladie, mais celle-ci pourrait revenir, notamment en traversant les frontières. Une problématique prise très au sérieux par les autorités chinoises, car le pays est frontalier de plusieurs zones où le paludisme est endémique. C’est notamment le cas en République démocratique populaire lao, Myanmar et au Viet Nam. La Chine a donc mis en place une signalisation omniprésente dans ces zones, et a renforcé sa surveillance des zones à risque.
Un succès à exporter
Il sera certainement possible de tirer des enseignements de cette victoire, notamment sur le plan épidémiologique. Certes, il est probable que certains des dispositifs mis en place en Chine ne fonctionneraient pas aussi bien autre part, pour des raisons culturelles et logistiques; tout ne serait pas transposable.
Mais il est indéniable que leur stratégie basée sur une surveillance stricte et une réactivité de tous les instants a porté ses fruits. Il faudra maintenant parvenir aux mêmes résultats dans les autres grands foyers mondiaux du paludisme. Espérons que l’Amérique du Sud, l’Asie du Sud-Est et surtout l’Afrique – qui porte aujourd’hui la plus grande part de ce fardeau – connaissent tous une issue comparable.