A l’occasion de son événement en ligne Technology Day, Sony a présenté son tout nouveau prototype de casque VR, qui promet de faire passer cette technologie à la vitesse supérieure.
La fiche technique a en tout cas de quoi faire rêver, avec notamment deux “micro-displays” 4K OLED. C’est déjà un petit exploit en soi, car il existe très peu de modèles qui peuvent revendiquer une telle résolution – et encore moins qui bénéficient de la technologie OLED. A l’heure actuelle, le produit qui s’en approche le plus est certainement le Pimax Vision 8K Plus, qui embarque des dalles QLED.
Mais ce qui différencie ce prototype des autres propositions du marché, c’est la façon dont Sony souhaite exploiter la technologie OLED. La firme japonaise cherche à supprimer entièrement la pixellisation, qui constitue encore l’un des principaux obstacles à l’immersion. Pour y parvenir, Sony a développé une technologie de miniaturisation propriétaire qui permet d’obtenir “plus du double du nombre de points par rapport à l’écran d’un smartphone OLED”.
Une latence imperceptible
Sony s’est aussi attaqué au problème de la latence. C’est un sacré obstacle, car afficher une image en VR est loin d’être aussi trivial que de le faire sur un écran standard. Pour commencer, il faut synthétiser une variante de la même image pour chaque œil, ce qui double déjà le temps de calcul. Il faut ensuite s’assurer de leur synchronisation parfaite, non seulement entre elles, mais aussi avec les mouvements de l’utilisateur. Il faut donc trouver un
A l’heure actuelle, même les meilleurs casques actuels ne parviennent que rarement à passer sous la barre du dixième de seconde par image pour cette étape de post-traitement. Cela peut sembler insignifiant, mais ce délai est l’un des principaux facteurs qui contribuent aux sensations de vertige et de mal de mer qui peuvent survenir lors d’une utilisation prolongée. Pour résoudre ce problème, Sony veut diviser par dix le temps de calcul de ce processus de post-traitement de l’image pour le ramener à moins d‘un centième de seconde.
Un champ de vision plus vrai que nature
L’autre gros morceau, c’est la reconstitution du champ de vision. Celui-ci doit être aussi parfait que possible, car si les informations visuelles ne correspondent pas à celles envoyées par l’oreille interne, l’utilisateur aura l’impression d’être littéralement à côté de ses propres baskets. Nausée garantie ! Grâce à un jeu de lentilles savamment agencées, l’équipe de Sony explique que son prototype est déjà capable de proposer une image sans aucun “offset” par rapport au champ de vision réel.
Ces deux améliorations changeraient radicalement la donne. Si le casque tient ses promesses, le temps de réponse de l’écran et la différence avec le vrai champ de vision seront alors négligeables; la promesse de mouvements fluides et organiques comme il n’en existe pas encore dans l’écosystème VR.
Le futur roi du métavers ?
Toutes ces qualités en feraient un casque absolument idéal pour des applications comme le jeu ou les événements virtuels. Mais Sony voit encore plus loin et espère bien dépasser le cadre du divertissement. En réduisant les obstacles à une utilisation prolongée, Sony précise aussi que cette technologie serait particulièrement adaptée à la collaboration à distance, et promet “un sentiment d’immersion époustouflant”.
Mais ce n’est pas tout. La firme espère aussi proposer un produit adapté à “un large éventail de domaines”. La présentation mentionne par exemple les corps de métiers qui pourraient exploiter la précision et la réactivité de cette nouvelle technologie. On pense entre autres aux designers, aux ingénieurs, aux artistes, aux urbanistes, ou même aux internes en médecine qui voudraient peaufiner leur coup de scalpel.
Si le metaverse est encore un concept relativement abstrait, la technologie qui lui permettra d’exister approche en tout cas à grand pas. A ce stade, nous ne sommes peut-être plus si loin de la véritable VR photoréaliste… du moins, pour ceux qui disposeront de la machine de guerre nécessaire pour faire tourner un monstre pareil.