C’est la divine surprise pour l’industrie de la batterie française. Imerys, un industriel spécialisés dans les minéraux, a annoncé que des quantités significatives de lithium étaient présents dans une carrière de Beauvoir, dans l’Allier. Celle-ci est ouverte depuis 1850, elle produit du kaolin, un matériau nécessaire à la porcelaine ou au carrelage.
De quoi équiper 700.000 voitures par an
Le gisement comprend un million de tonnes d’oxyde de lithium. Imerys pourrait produire chaque année 34.000 tonnes d’hydroxyde de lithium à partir de 2028, « pour une durée de 25 ans ». De quoi équiper « l’équivalent de 700.000 véhicules électriques en batteries lithium-ion » par an ! Autrement dit, une bonne partie de la production automobile française.
Cette quantité placerait la France au deuxième rang des producteurs mondiaux de lithium : l’Australie en a produit 40.000 tonnes en 2020. Le troisième sur le podium serait dans cette nouvelle configuration le Chili, avec 18.000 tonnes. Imerys estime que que les coûts de production (deux sites seraient mobilisés) tourneraient entre 7 à 9 euros le kilo.
Le gouvernement, qui cherche à développer le secteur des batteries pour gagner en indépendance vis à vis de la Chine, appuie le projet. C’est d’autant plus important qu’à partir de 2025, les voitures neuves vendues en Europe devront être électriques. La souveraineté industrielle en matière de batterie est donc essentielle.
Reste l’épineuse question environnementale. Pour produire une tonne de lithium, il faut extraire 100 tonnes de roche. Imerys explique que la mine réduira les rejets toxiques dans l’environnement et limitera sa consommation d’eau, en vertu d’une norme internationale qui reste à finaliser. Des associations montent déjà au créneau pour dénoncer le projet jugé dangereux pour l’écosystème du Massif central.