Il devait sauver le cinéma français, mais la critique et le public n’ont pas été convaincus. Lors de la promotion du cinquième film de la saga Astérix, Pathé n’a pas caché ses intentions. Après une période rude pour les salles obscures, qui ont pâti de nombreuses fermetures liées au Covid, les irréductibles Gaulois auraient dû marquer le retour en masse du public français sur les fauteuils rouges. S’il y a bien une licence capable de faire donner coup de fouet au box-office, c’est celle portée par le petit moustachu et son acolyte à la chevelure rousse.
Devant la caméra de Guillaume Canet, c’est une intrigue tout à fait inédite qui était déroulée en un peu moins de deux heures. Astérix et Obélix venaient en aide à une princesse chinoise dont l’Empire était aux prises d’un prince félon. Canet dans la peau d’Astérix et son ami Gilles Lellouche dans celle de celui qui est tombé dans la potion étant petit, L’Empire du Milieu avait tout du succès assuré. Sauf que dans ses premières heures d’existence, le dernier-né de la collaboration de Guillaume Canet et Pathé accumule les mauvaises critiques. Sur Allociné, il n’affiche que 2,4 étoiles sur 5. Le public ne sera pas plus clément avec une moyenne d’1,8.
Une certaine rentabilité
Cela n’empêche pas l’Empire du Milieu de réaliser le meilleur démarrage pour une comédie française depuis Bienvenue chez les Chtis. Avec son budget estimé à 65 millions d’euros, le film attire 466 703 regards au terme de son premier jour d’exploitation dans 950 salles. Un peu plus de la moitié de ce chiffre est néanmoins alloué à aux avant-premières organisées partout en France.
Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu terminera sa course dans les salles obscures avec 4,6 millions d’entrées rien que dans l’Hexagone. Il se place ainsi loin derrière l’opus proposé par Chabat qui comptabilisait plus de 14 millions d’entrées en 2002. Pourtant, le studio ne qualifie pas son entreprise d’échec. Invité sur le plateau de BFM TV, le Président de Pathé Films explique que la vente du titre à l’étranger lui permettra à terme d’atteindre une certaine rentabilité.
“C’est une opération sur le long terme. Astérix, la franchise, fait partie des films qui se vendent extrêmement bien tout au long de leur vie. C’est un film qui rentrera dans ses frais à un moment donné par l’intermédiaire des ventes télévisuelles”.
Peut-il avoir une suite ?
L’entreprise se dit “très satisfaite” de l’exercice de son film pour l’instant. Assez pour motiver la mise en chantier d’une suite ? Rien n’a été annoncé dans ce sens pour le moment. Pathé ne disposait des droits d’adaptation que pour un seul métrage et devra négocier à nouveau avec Hachette et les éditions Albert René. Reste que les prestations de Canet et Lellouche n’ont majoritairement pas convaincue et qu’il s’agira sans doute pour Pathé de partir à la recherche de nouveaux visages pour porter un tel projet.
En attendant, Alain Chabat planche sur une série pour Netflix et un nouveau film d’animation est aussi en développement chez M6. Le village d’irréductibles est donc loin d’avoir dit son dernier mot.