En ce 15 novembre 2023, la nouvelle PSP fait son entrée sur le marché vidéoludique. Il n’est pas question ici d’une PlayStation Portable, mais plutôt du PlayStation Portal. Si les deux machines partagent le même acronyme, leur fonctionnement et leur intérêt sont foncièrement différents. En août dernier, le constructeur japonais créait la surprise en dévoilant un périphérique pour le moins étrange (et onéreux). Suivant de longs mois de rumeurs concernant une console portable atypique en préparation chez Sony, la PlayStation Portal se révélait aux yeux de tous non sans une certaine confusion. En extension premium de l’écosystème PS5, ce produit aux airs de manette DualSense greffée d’un écran n’est pas une console à proprement parler, mais un simple écran secondaire.
Pour beaucoup, PlayStation venait de dévoiler la Wii U en moins bien et avec onze ans de retard. Facturé 219,99€ (rien que ça), le périphérique est présenté comme une station de jeu dédiée à la fonctionnalité Remote Play de la PS5. Il est donc question d’un produit inutile en absence d’une connexion internet stable, et nécessitant l’achat d’une console de salon déjà facturée 549,99€. Si ces premiers détails techniques ne laissaient rien présager de bon, les premiers retours confirment les inquiétudes : la PlayStation Portal n’en vaut pas la chandelle.
Un périphérique qui fait ce qu’il promet (c’est-à-dire pas assez)
Avec son écran LCD de 8 pouces, sa résolution Full HD et ses deux extrémités de manettes DualSense, l’ensemble des testeurs s’accordent à dire que la PlayStation Portal est une machine agréable. Facile à prendre en main, profitant des gâchettes adaptatives et du retour haptique, la proposition de Sony s’impose comme la meilleure expérience de Remote Play à ce jour. Malheureusement, cette machine n’a rien à offrir de plus malgré un tarif pour le moins élevé. Tandis que le cloud gaming poursuit son développement chez PlayStation, le petit périphérique se retrouve pourtant privé d’un accès direct à ce service compris dans l’abonnement PlayStation Plus Premium. De fait, l’expérience de jeu repose alors uniquement sur la console PS5 du propriétaire et l’état de sa connexion au routeur.
Malgré d’excellentes connexions, certains testeurs n’ont pu passer à côté de baisses de résolution ou de fréquence d’image lors de scènes d’action gourmandes en ressources. Pire encore, une micro latence permanente rendrait injouable les titres les plus exigeants comme Ghostrunner 2 rapportent nos confrères de Polygon. L’expérience proposée n’est donc pas supérieure au Remote Play habituel, si ce n’est dans le confort qu’offre la PlayStation Portal. De plus, l’absence de Bluetooth nécessite l’achat d’un nouveau casque doté de la technologie propriétaire PlayStation Link, une dépense supplémentaire pour jouer dans des conditions sonores optimales.
Résultat des courses, l’ensemble des utilisateurs ayant mis la main sur la PlayStation Portal questionnent son véritable intérêt. Jouer hors du salon (moyennant une perte de stabilité, rappelons-le) suffira-t-il à convaincre les joueurs les plus hardcore ? Pour l’heure, le consensus est le suivant : évitez cette dépense inutile.