2024, c’est l’année du porno accessible en un clic, les publicités hypersexualisées et les apps de rencontres. C’est aussi l’explosion de la sextech, qui devrait peser plus de 100 milliards de dollars de chiffres d’affaires annuels d’ici à la fin de l’année. Pourtant, rapporte une nouvelle étude Ifop, en collaboration avec la marque Lelo, les jeunes n’ont jamais été aussi abstinents : 24% des Français indiquent ne pas avoir eu de rapport sexuel au cours des 12 derniers mois, soit 15% de plus qu’en 2006. Le constat est encore plus parlant chez les jeunes entre 18 et 24 ans, puisque 28% des sondés indiquent ne pas avoir eu de rapports sexuels au cours de l’année écoulée.
Plutôt Netflix que chill
L’aspect le plus étonnant de l’étude reste peut-être la place grandissante des écrans dans le quotidien sexuel des Français. Si l’on en croit l’étude, le numérique serait devenu un sérieux frein à la sexualité. La télévision, les réseaux sociaux ou encore les jeux vidéo s’immiscent jusque dans la chambre à coucher : “Lorsqu’on interroge les jeunes de moins de 35 ans vivant en couple sous le même toit, la moitié des hommes (50%, contre 42% des femmes) reconnaissent avoir déjà évité un rapport sexuel pour regarder une série/film à la télévision (ex : Netflix, OCS…)“, précise ainsi l’Ifop.
Cette proportion, bien qu’élevée, reste finalement dans une tendance déjà observée en 2019, alors que le Wall Street Journal publiait une étude sur la sexualité des Américains et des Américaines. À l’époque déjà, 36% des sondés de 18-38 ans avouaient avoir décliné un rapport sexuel, au cours des six derniers mois, pour regarder une série ou Netflix. Le constat ne s’applique d’ailleurs pas qu’aux services de streaming. 53% des hommes de moins de 35 ans vivant en couple avouent avoir déjà refusé un rapport sexuel pour jouer aux jeux vidéo, 48% pour scroller sur les réseaux sociaux.
Pas une si mauvaise nouvelle
Le fossé sexuel numérique observé par l’étude offre aussi une représentation intéressante sur les stéréotypes de genre : contre toute attente, ce sont les hommes qui sont les plus enclins à refuser un rapport sexuel pour profiter des écrans. Et finalement, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle, analyse l’étude : “Après des années d’hypersexualisation de la société, les décennies 2010/2020 marquent bien l’amorce d’un nouveau cycle où la contrainte à avoir une vie sexuelle pour faire “plaisir” ou “comme tout le monde” se fait moins forte“. La culture du viol et le mythe du devoir conjugal commencent doucement à disparaître dans l’imaginaire collectif des Français. Et si cela conduit à plus de temps passé à regarder l’adaptation prochaine du Problème à trois corps sur Netflix, ce n’est finalement pas plus mal.
Étude IFOP pour LELO réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 décembre 2023 au 2 janvier 2024 auprès d’un échantillon de 1 911 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus