Cette semaine, Netflix diffusait Le Problème à 3 corps, sa nouvelle pépite science-fictionnelle adaptée des romans de Liu Cixin. En plus de s’imposer comme l’une des bonnes surprises de ce début d’année, la série questionne aussi bon nombre de sujets scientifiques. Pour y voir un peu plus clair, on s’intéresse à celui par lequel tout commence.
C’est quoi un problème à trois corps ?
En mécanique orbitale, un problème à n corps est un problème qui consiste à déterminer les trajectoires d’un nombre n de particules s’attirant mutuellement. En connaissant leurs masses, leurs points de départ et leurs vitesses initiales, il est théoriquement possible de prédire leurs mouvements futurs, conformément aux lois de la gravitation universelle de Newton. Le seul hic, c’est que si le cas n = 2 a déjà été résolu par Newton lui-même, les choses se compliquent dès qu’on est confronté à trois objets ou plus.
C’est en grande partie parce qu’il s’agit d’un problème dit “chaotique” : la moindre différence, même infinitésimale, dans les conditions initiales va avoir un impact drastique sur l’évolution du système. Heureusement, des spécialistes comme Karl Sundman ont créé diverses techniques analytiques qui permettent d’obtenir des approximations exploitables dans des cas bien spécifiques. Mais personne n’a trouvé de méthode ou formule universelle qui permette de résoudre n’importe quel problème à trois corps : à ce jour, il n’existe aucune solution générale.

Quel rapport avec la série ?
Si la saga de Liu Cixin, puis l’adaptation Netflix portent le nom de Problème à 3 corps, ce n’est pas pour rien. L’intrigue de la série repose entièrement sur le casse-tête de mécanique orbitale, puisque c’est à cause de lui que les San-Ti doivent se résoudre à quitter leur planète natale pour coloniser d’autres univers.
Le personnage de Jin Cheng, campé par Jess Hong comprend d’ailleurs assez vite la complexité d’un système stellaire à trois corps. Quand la jeune femme arrive dans le monde du jeu, elle est confrontée à plusieurs phénomènes à première vue inexplicables. Ce n’est qu’une fois les pièces du puzzle assemblées que l’équation est résolue.
Lorsque Trisolaris est en orbite stable autour d’un de ses trois soleils, c’est une ère régulière, qui profite d’un climat tempéré et d’un environnement modéré. Dès que la planète des San-Ti est happée par l’attraction d’un autre corps céleste, elle se met à errer dans les champs gravitationnels des trois soleils, et entre dans une ère chaotique à la durée incertaine. Lors de ces phases, les personnages subissent des périodes de températures extrêmes, ou de gravité altérée. À terme, les San-Ti comprennent également que leur planète est vouée à entrer en collision avec l’un de ses soleils. D’où la nécessité de trouver un nouveau foyer d’accueil.