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Les jeux à 70€ sont trop chers ? Les développeurs d’Ori veulent changer la donne

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Le studio Moon espère contrer les tarifs abusifs de l’industrie vidéoludique avec son nouveau jeu : No Rest for the Wicked.

L’inflation n’épargne plus aucun domaine, pas même celui de la culture. Augmentation des abonnements de streaming, des places de cinéma ou encore des jeux vidéo : consommer de la pop culture ne sera bientôt plus un loisir mais un luxe. Du côté de l’industrie vidéoludique, les joueurs ont déjà pris l’habitude de débourser près de 70€ par titre, si ce n’est plus. Cette nouvelle grille tarifaire des jeux vidéo s’impose principalement depuis l’arrivée de la génération PlayStation 5 et Xbox Series courant 2020. Certaines productions AAA atteignent la barre symbolique des 80€, une étiquette de prix justifiée à maintes reprises par les studios. Le développement de blockbusters toujours plus réalistes a un coût et c’est aux joueurs de passer à la caisse.

S’il y a certainement du vrai dans tout cela, ce nouveau standard ne devrait pas en être un d’après le PDG du studio Moon, à l’origine de la franchise Ori. Marqué par la déclaration d’un journaliste concernant sa nouvelle production No Rest for the Wicked, Thomas Mahler s’est décidé à mettre les points sur les i dans un post X (anciennement Twitter).

Je viens de lire un article d’un journaliste qui se plaignait essentiellement du fait que nous ne vendons pas No Rest for the Wicked à 70$ et prétend que nous sommes ‘déjà obligés’ de proposer une réduction avant même la sortie du jeu” introduit-il avant de poursuivre. “Depuis un certain temps, nous entendons les joueurs se plaindre du fait que les jeux à 70$ sont devenus la nouvelle norme. Nous voyons aussi régulièrement des jeux à 70$ avec des microtransactions en plus, ce que les joueurs détestent généralement.

Avec le nouveau jeu du studio, les gamers n’auront pas à payer si cher pour la simple et bonne raison qu’il n’y a aucunement besoin de le facturer à un tel prix, explique le PDG.

Mettre fin aux abus des superproductions

Thomas Malher se félicite des décisions économiques prises par le studio à travers son histoire. “Chez Moon, nous avons l’habitude de faire payer un peu moins que ce que nous aurions pu facturer, car nous voulons que le plus grand nombre possible de joueurs puisse jouer à nos jeux” déclare-t-il avant d’ajouter “nous avons vendu Blind Forest à 20 dollars et Will of the Wisps à 30 dollars et, en fin de compte, nous avons vendu environ 10 millions d’exemplaires grâce à la qualité de nos titres mais aussi et certainement parce que nous essayons de ne pas être trop cupides.

Toujours selon le PDG, la situation économique complexe de l’industrie vidéoludique trouve sa source dans le besoin de plaire aux actionnaires : “Nous n’embauchons pas des centaines de personnes dans le seul but de donner aux actionnaires l’illusion que nous sommes en pleine croissance. Nous n’avons pas d’actionnaires. Si nous parvenons à fabriquer de meilleurs produits à un coût inférieur à celui des studios AAA et que nous pouvons donc pratiquer des prix plus bas, c’est le signe que nous faisons quelque chose de bien, et non de mal.

Suite aux vagues de licenciement dont a souffert l’industrie en ce début d’année, le poids des investisseurs et des actionnaires est au cœur des débats. Comment expliquer cette tendance négative alors que les grands studios génèrent toujours plus de revenus ? La situation continue d’évoluer dans le mauvais sens et pousse donc certains développeurs à prendre la parole. Reste alors à voir si de telles prises de position peuvent être vectrices de changement. Pour l’heure, les joueurs peuvent se réjouir des efforts mis en place par certains studios afin de maintenir un accès plus global aux jeux vidéo. No Rest for the Wicked fera son entrée en accès anticipé sur Steam le 18 avril prochain et sera facturé à un tarif réduit durant toute cette période de test.Nous n’avons pas pensé qu’il serait judicieux de faire payer le prix fort aux joueurs dès le départ” proclame Thomas Malher. D’autres studios devraient en prendre de la graine.

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