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Avec Starlink, Elon Musk s’invite au cœur du conflit Iran-Israël

Alors que le conflit entre Israël et l’Iran plonge la région dans une nouvelle ère d’incertitude, une bataille parallèle, celle de l’information, vient de connaître un tournant spectaculaire. Face aux restrictions d’Internet imposées par le régime iranien, Elon Musk a décidé d’activer son réseau satellitaire Starlink au-dessus du pays.

Depuis le vendredi 13 juin, le bruit des explosions résonne en Iran. L’offensive israélienne sur les sites stratégiques iraniens, y compris dans la capitale Téhéran, a déclenché une escalade militaire faisant déjà des dizaines de morts et des centaines de blessés de part et d’autre. La réponse du pouvoir iranien ne s’est pas fait attendre, et comme souvent, elle a également pris une dimension numérique. Téhéran a décidé de restreindre drastiquement l’accès à Internet pour ses citoyens. Ces dernières heures, les médias iraniens évoquaient même une perturbation généralisée d’internet dans le pays. « Les utilisateurs d’internet dans plusieurs provinces signalent des perturbations généralisées d’internet », précise le quotidien Ham Mihan, d’autres médias faisant état d’informations similaires.

Officiellement débarrassé de ses missions depuis son départ houleux de l’administration de Donald Trump, Elon Musk a décidé d’intervenir. Interpellé directement sur son propre réseau social, X, par un utilisateur qui l’implorait « de mettre un terme au régime iranien » en contrant la censure, le patron de Tesla et de SpaceX n’a pas hésité en répondant : « Les faisceaux sont activés ».

Le nouveau coup d’éclat du célèbre milliardaire est bien plus qu’une simple annonce technique. En un tweet, Elon Musk confirme le déploiement de sa constellation de milliers de satellites en orbite basse pour offrir une porte de sortie numérique aux Iraniens, une brèche dans la forteresse de censure érigée par les mollahs. Pour un peuple habitué à jongler avec les VPN et les messageries chiffrées comme Signal, notamment depuis les grandes révoltes de 2022, l’arrivée de Starlink pourrait changer la donne.

Selon les analystes du secteur, près de 20 000 terminaux Starlink opèreraient déjà clandestinement en Iran, alimentant un marché noir de l’information. L’activation officielle du service par le milliardaire agit donc comme un formidable amplificateur pour ce réseau parallèle. La fonctionnalité de Direct-to-Cell, qui permet à un smartphone de communiquer avec un satellite, est également fonctionnelle.

Après l’Ukraine, Elon Musk s’immisce dans le conflit entre Israël et l’Iran

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le patron de Tesla joue au chevalier blanc de l’accès à Internet. On se souvient de son rôle majeur en Ukraine où, dès les premiers jours de l’invasion russe, l’activation de Starlink avait permis à l‘armée et aux civils de rester connectés malgré la destruction des infrastructures locales. Dans un tout autre registre, Starlink s’était aussi distingué lors de l’impressionnante panne d’électricité en Espagne et au Portugal. L’idée n’est pas nouvelle non plus en Iran puisque fin 2022, Elon Musk avait déjà annoncé le déploiement d’une centaine de terminaux pour aider les manifestants à contourner la censure.

Cette nouvelle initiative, dans un contexte de guerre ouverte, prend une toute autre dimension. Elle soulève une question fondamentale sur le pouvoir des géants de la tech, capables d’intervenir dans des conflits interétatiques avec une agilité qu’aucune organisation gouvernementale ne peut égaler. Cela rappelle également que la guerre ne se joue plus seulement avec des drones et des missiles, mais aussi dans l’espace et sur les ondes.

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