Une décision encore en discussion, mais qui pourrait profondément bouleverser le quotidien de nombreux ménages… et fragiliser tout un secteur économique.
Une aide populaire mais coûteuse pour l’État
Mis en place pour favoriser le travail déclaré et soutenir les ménages dans leur vie quotidienne, le crédit d’impôt permet de récupérer 50 % des dépenses engagées pour l’emploi d’un salarié à domicile, dans la limite de certains plafonds. En 2023, plus de 4,5 millions de foyers fiscaux en ont profité, pour un coût estimé à plus de 6,5 milliards d’euros par an pour les finances publiques.
Dans un contexte de forte tension budgétaire et sous la pression de Bruxelles, le gouvernement français cherche à réduire les dépenses fiscales. Et ce dispositif fait partie des cibles identifiées. La Cour des Comptes l’a d’ailleurs pointé du doigt à plusieurs reprises, estimant que certaines prestations couvertes, comme le repassage ou le jardinage, ne relèvent pas d’une nécessité sociale.
Une réforme dans les cartons pour le budget 2026
Rien n’est encore acté, mais les choses se précisent en coulisse, car le ministère de l’Économie prépare le projet de loi de finances pour 2026, qui sera présenté à l’automne. Plusieurs sources concordantes évoquent une volonté de “recentrer” le crédit d’impôt sur les prestations les plus sensibles : garde d’enfants, assistance aux personnes âgées ou en situation de handicap, aide à la dépendance.
En clair, tout ce qui relève du confort (ménage, bricolage, jardinage, cours particuliers, coaching sportif, etc.) pourrait ne plus être éligible à un remboursement partiel par l’État. D’autres options sont aussi étudiées : baisse du taux de remboursement de 50 % à 40 %, plafonds revus à la baisse, ou encore conditions d’éligibilité plus strictes.
La décision finale devrait être arbitrée d’ici la mi-juillet, dans le cadre de la feuille de route budgétaire présentée par Bercy.
Un choc redouté par les particuliers… et les professionnels
L’annonce d’une éventuelle réduction du dispositif a immédiatement suscité l’inquiétude des acteurs du secteur. La Fédération des particuliers employeurs (FEPEM) alerte sur le risque de retour massif au travail non déclaré. Selon un sondage commandé par ses soins, 77 % des particuliers employeurs pourraient renoncer à déclarer leur salarié si l’avantage fiscal disparaissait.
Du côté des entreprises de services à la personne, on craint une perte de clients et donc d’emplois. Pour beaucoup, ce crédit d’impôt n’est pas un simple bonus : c’est ce qui permet aux ménages de recourir à ces prestations sans se mettre en difficulté financière. Et ce sont souvent les classes moyennes qui y ont recours, celles qui ne bénéficient ni d’allocations ni de services municipaux.
Depuis plus de 20 ans, la France mise sur ce levier fiscal pour professionnaliser le secteur, garantir des droits aux salariés, et lutter contre le travail au noir. Une réforme trop brutale pourrait enrayer cette dynamique. Si la disparition du crédit d’impôt n’est pour l’heure envisagée que de manière partielle, le signal envoyé reste fort : celui d’un recentrage des dépenses publiques, même au prix d’une fragilisation d’un secteur clé.
Pour les ménages concernés, rien ne change pour l’instant
Le crédit d’impôt de 50 % est toujours applicable en 2025, et les déclarations faites cette année restent valables. Mais il faudra rester attentif aux annonces de Bercy à partir de la mi-juillet. Un amendement pourrait être déposé dès la rentrée pour modifier les règles à partir du 1er janvier 2026. En attendant, mieux vaut ne pas engager de nouvelles dépenses en pensant qu’elles seront automatiquement couvertes demain comme elles le sont aujourd’hui.
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