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Airbags Takata : plus de 1,7 million de véhicules immobilisés en France, voici la liste !

La crise des airbags Takata vient de franchir un nouveau cap en France. Après plusieurs années de rappels progressifs et de campagnes de sensibilisation relativement discrètes, les autorités ont décidé de hausser le ton.

Le ministère des Transports impose désormais l’arrêt de circulation immédiat pour 1,7 million de véhicules jugés dangereux, tandis que plus de 2,5 millions de voitures sont concernées au total par la campagne de rappel. Un virage radical qui fait suite à un nouveau drame survenu à Reims début juin, où une conductrice est décédée après l’explosion de son airbag sur une Citroën C3.

D’où vient ce problème ?

Le cœur du problème, ce sont ces airbags produits pendant deux décennies par l’équipementier japonais Takata, qui utilisent un agent propulseur instable, le nitrate d’ammonium. Sous l’effet du temps, de la chaleur ou de l’humidité, ce composé chimique peut se dégrader et provoquer une détonation bien plus violente qu’attendu. Résultat : des fragments de métal sont projetés dans l’habitacle à la manière d’un éclat d’obus. Ce phénomène a déjà causé au moins 27 décès dans le monde, dont une quinzaine en France selon les dernières données. La plupart se sont produits dans les territoires d’outre-mer, où les conditions climatiques accélèrent la dégradation de ces airbags.

Mais cette fois, l’incident s’est produit en métropole. Et ce changement de contexte a visiblement modifié la posture du gouvernement. La mesure “stop drive” a donc été élargie à de très nombreux modèles, avec interdiction formelle de circuler pour tous les véhicules concernés tant que l’airbag n’a pas été remplacé. Dans certains cas, les constructeurs sont également tenus de fournir un véhicule de remplacement, en attendant l’intervention. Un arrêté est en préparation pour encadrer cette prise en charge exceptionnelle.

La liste des véhicules concernés s’est considérablement étoffée

Il ne s’agit plus uniquement de vieilles berlines japonaises ou de modèles de niche. Audi, BMW, Citroën, Honda, Mercedes, Toyota, Volkswagen… La quasi-totalité des grandes marques sont aujourd’hui dans le viseur. Sont touchés aussi bien des citadines que des SUV familiaux, des cabriolets ou des utilitaires. Tous ont un point commun : avoir été fabriqués entre la fin des années 1990 et 2019 avec des composants fournis par Takata.

Parmi les modèles français les plus surveillés, on retrouve les Citroën C3 et DS3 produits entre 2014 et 2019, pour lesquels Stellantis a déjà lancé une alerte spécifique. Environ 82 000 de ces véhicules avaient été formellement interdits de circulation depuis avril. Un chiffre déjà conséquent, mais qui apparaît désormais comme un simple avant-goût de la vague actuelle. Désormais, toute voiture équipée de ce type d’airbag est susceptible d’être visée par la mesure, y compris les modèles allemands récents ou les SUV urbains vendus jusqu’à la fin des années 2010.

Le ministère des Transports recommande à tous les automobilistes de vérifier sans délai si leur véhicule est concerné. Une procédure simplifiée est accessible sur les sites des constructeurs : il suffit d’y entrer le numéro VIN (visible sur la carte grise ou le pare-brise) pour obtenir une confirmation immédiate. Si le véhicule est jugé à risque, le propriétaire doit impérativement cesser de l’utiliser et contacter une concession pour programmer la réparation. Celle-ci est gratuite, le remplacement de l’airbag prenant généralement moins d’une demi-journée.

Le gouvernement a également mis en place une campagne d’information pour éviter tout effet de surprise. Des courriers, SMS et notifications sont progressivement envoyés aux propriétaires de voitures à risque. Une mesure qui pourrait néanmoins s’avérer insuffisante tant la liste est longue et hétérogène. Au total, plus de 30 constructeurs sont concernés, avec plusieurs centaines de modèles. Le site Auto Plus a publié une compilation exhaustive, incluant des véhicules aussi variés que l’Audi A3 (2006-2013), la BMW Série 3 (2001-2012), la Mazda 6 (2002-2008), ou encore le Toyota RAV4 (2003-2005). Le rappel touche donc autant de véhicules âgés que des voitures encore très présentes sur le marché de l’occasion.

Marque Modèle(s) Période de production
Audi A3, A4, A4 Cabrio, A5, A6, Q5, TT, R8 2005–2017
BMW Série 1 à 6, M2, M3, M4, X1, X3, X4 1997–2018
Citroën C3 II, C4 II, C-Zéro 2008–2019
DS (Stellantis) DS 3, DS 4, DS 5 2008–2019
Honda Accord, Civic, CR-V, FR-V, Jazz, etc. 1996–2015
Mercedes Classe A à E, M, R, GL, SLK, GLK, SLS 2004–2016
Toyota / Lexus Auris, Avensis, Corolla, Hilux, RAV4, Yaris, IS 2001–2017
Volkswagen Polo, Passat, Sharan, Tiguan, Transporter T5, Up 2006–2017
Tesla Model S 2014–2016
Autres marques Cadillac, Chevrolet, Chrysler, Honda, Mazda, Nissan, Peugeot, etc. 1998–2019

Takata, aujourd’hui en faillite, a produit plus de 100 millions d’airbags défectueux dans le monde. En France, malgré plusieurs années de rappels, une large partie du parc roulant n’a jamais été corrigée, souvent faute d’information ou de suivi. L’État espère désormais rattraper ce retard à marche forcée, sous peine de voir se multiplier les accidents. Cette fois, la consigne est claire : si votre voiture figure sur la liste noire, elle ne doit plus rouler. Pas demain. Pas le mois prochain. Immédiatement.

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