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« Je ne savais pas que c’était illégal » : ce prétexte ne sauvera plus les abonnés IPTV

Les revendeurs d’IPTV ne sont plus les seuls à risquer gros et les amendes arrivent pour les clients. Elles peuvent même s’envoler jusqu’à 5 000 euros comme on peut le voir dans cette affaire en Italie.

Pendant des années, une règle tacite semblait prévaloir dans le monde du piratage audiovisuel. Si les vendeurs risquaient gros, les consommateurs, eux, dormaient sur leurs deux oreilles. Cette époque d’impunité touche-t-elle à sa fin ? En Italie, la justice a décidé de changer de braquet, et la nouvelle a de quoi glacer les milliers d’utilisateurs de services IPTV illégaux. La fête est peut-être bien finie.

L’affaire Italia TV : la chute d’un réseau et la peur des abonnés

Au cœur de la tempête, l’opération qui a démantelé le service Italia TV en décembre 2024. Menée de main de maître par la Guardia di Finanza de Naples, l’enquête a mis à bas un réseau qui comptait quelque 6 000 abonnés, principalement en Italie mais aussi jusqu’en Belgique et en Suisse. Pour un abonnement dérisoire de 80 euros par an, les clients accédaient à un catalogue quasi infini : films des grands studios, séries Netflix ou Disney+, et surtout, le Graal pour des millions de tifosi, les matchs de la Serie A de football diffusés par Sky et DAZN.

Le cerveau présumé de l’opération, Cristian Fidato, un jeune homme de 23 ans, vient de voir son sort scellé. Le 16 juin dernier, le tribunal de Naples l’a condamné à une peine sévère de quatre ans et quatre mois de prison ferme, assortis d’une amende de 22 000 euros. Son principal complice, Anatoliy Perrotta, a écopé d’une peine avec sursis.

Mais au-delà de la condamnation des organisateurs, c’est la suite qui marque une rupture. Le procureur adjoint de Naples, Silvio Pavia, a confirmé que l’enquête a permis d’identifier la totalité des 6 000 abonnés du service. Selon le quotidien La Stampa, les premières amendes ont déjà été expédiées.

Des amendes salées pour changer les mentalités

Cette action n’est pas un coup d’épée dans l’eau. Le mois dernier, dans une autre affaire, 2 282 amendes avaient déjà été envoyées à des utilisateurs d’un service similaire. La loi italienne est claire à ce sujet. Le montant peut aller d’une sanction administrative de 51,33 euros pour une première infraction jusqu’à 5 000 euros en cas de récidive.

L’objectif est d’instaurer un climat de peur et briser le sentiment d’invulnérabilité des consommateurs. Comme le rappel nos confrères de Presse-Citron, Luigi de Siervo, le PDG de la Serie A, avait prévenu : « Des amendes de 150 à 5 000 euros arriveront bientôt […] C’est une étape que l’on aimerait éviter, mais qui est devenue nécessaire ».

Un pari risqué pour l’industrie ?

La stratégie, cependant, soulève des questions. Voir un utilisateur risquer une amende de 5 000 euros alors que l’organisateur d’un réseau générant près de 850 000 euros de revenus n’est condamné qu’à 22 000 euros d’amende a de quoi interroger sur la proportionnalité des peines. Personne n’aime recevoir une amende, mais cette nouvelle approche répressive est un jeu dangereux.

En traitant leurs anciens et potentiels futurs clients comme des délinquants, les ayants droit et les ligues sportives prennent le risque de détruire le peu de bonne volonté qu’il pouvait rester. Le but est de transformer les pirates en abonnés payants, pas de les transformer en ennemis jurés.

L’Italie sert aujourd’hui de laboratoire à une nouvelle doctrine anti-piratage, plus agressive et directe. Le message envoyé à travers l’Europe est puissant et indique que l’anonymat derrière son écran n’est plus une garantie. Reste à savoir si la peur du gendarme sera plus forte que l’attrait de l’illégalité. Le combat pour le futur du streaming se joue peut-être maintenant, dans les tribunaux de Naples.

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