Passer au contenu

Dopage autorisé, performances extrêmes : les Enhanced Games font scandale

En mai 2026, Las Vegas s’apprête à accueillir un événement sans précédent : les Enhanced Games, la première compétition multisport où le dopage ne sera plus tabou, mais officialisé.

À l’origine de ce projet disruptif : Aron D’Souza, entrepreneur australien et ancien proche de Peter Thiel. Son idée ? Créer une compétition parallèle aux Jeux olympiques, où les athlètes peuvent recourir à des substances améliorant les performances physiques, sous contrôle médical strict. Ici, pas de tests antidopage ni de sanctions : le principe même repose sur l’acceptation assumée de l’amélioration pharmacologique. Selon ses promoteurs, il ne s’agit pas de tricherie, mais d’une “libération” du potentiel humain, rendue possible par la science.

Rendez-vous à Las Vegas en mai 2026

La première édition des Enhanced Games se déroulera du 21 au 24 mai 2026 au Resorts World, en plein cœur du Strip de Las Vegas. Natation (50 et 100 m nage libre, papillon), athlétisme (100 m, haies, sprint indoor) et haltérophilie (arraché, épaulé-jeté) composeront un programme limité mais explosif. Autre nouveauté : les épreuves seront divisées non pas par genre, mais selon les chromosomes XX ou XY, une catégorisation que les organisateurs estiment plus “biologiquement pertinente”.

L’énorme argument, ce sont les gains : 500 000 dollars pour une victoire, 1 million pour un record mondial sur les épreuves reines. Une enveloppe financée par une poignée d’investisseurs renomés : Peter Thiel, Donald Trump Jr., Balaji Srinivasan, mais aussi des fonds issus du Moyen-Orient. Le projet a levé plusieurs dizaines de millions de dollars et table sur des recettes issues du streaming, des paris en ligne et d’une future marque de suppléments “Enhanced Performance”.

Plusieurs champions ont déjà annoncé leur participation

L’Australien James Magnussen, médaillé olympique en natation, a confirmé qu’il ferait son retour sur 50 mètres, boosté par un cocktail contrôlé de testostérone, peptides et hormones de croissance. Le sprinteur-nageur Kristian Gkolomeev, binational gréco-bulgare, a quant à lui déjà établi un record officieux sur 50 m nage libre en 20,89 secondes, en marge des circuits officiels. D’autres noms, comme Andriy Govorov (Ukraine) et Josif Miladinov (Bulgarie), sont également cités. Selon D’Souza, plus de 500 athlètes seraient en discussion avec l’organisation !

Une ligne rouge franchie et une zone grise juridique

Du côté des institutions, la réaction est sans appel avec notamment l’Agence mondiale antidopage (AMA), le Comité international olympique (CIO), ainsi que de nombreuses fédérations sportives nationales qui ont dénoncé un événement “irresponsable et dangereux”. La critique principale : l’encouragement au dopage médicalisé pourrait influencer les plus jeunes et faire reculer des décennies de lutte pour un sport propre. Les Enhanced Games sont également perçus comme un produit de la “logique financière” plus que d’un idéal sportif, où la performance serait dictée par la pharmacie plus que par l’entraînement.

Sur le plan légal, les Enhanced Games évoluent dans une zone juridiquement floue mais techniquement licite. Aux États-Unis, rien n’interdit à une compétition privée d’établir ses propres règles, tant que celles-ci ne contreviennent pas aux lois sanitaires. En limitant les substances aux produits approuvés par la FDA et en assurant un suivi médical encadré, les organisateurs échappent à toute interdiction formelle. Mais pour les athlètes, le prix à payer est clair : exclusion des JO, des compétitions officielles, et de toute reconnaissance par les fédérations traditionnelles. Certaines fédérations ont même prévenu qu’elles pourraient sanctionner rétroactivement leurs licenciés. En cas d’effets secondaires ou de complications, le cadre de responsabilité reste flou, et des contentieux juridiques sont anticipés dans les années à venir.

À un peu moins d’un an du lancement, le projet suscite autant d’engouement que d’indignation. Les contrats de diffusion restent à confirmer, mais des plateformes de streaming privées et des diffuseurs alternatifs seraient déjà en discussion. Aucun sponsor “grand public” ne s’est encore affiché, signe que la frilosité reste forte.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode