TomTom taille dans ses effectifs : 300 postes vont disparaître, soit environ 10 % des salariés de l’entreprise. Le groupe, basé à Amsterdam, explique cette décision par un recentrage stratégique autour de l’intelligence artificielle et d’une nouvelle « approche produit ». Mais derrière ce repositionnement, c’est surtout une réalité industrielle qui s’impose : le modèle du GPS autonome, autrefois omniprésent sur les tableaux de bord, est largement dépassé.
La fin de l’âge d’or du GPS embarqué
À l’époque où posséder un GPS TomTom ou Garmin était un incontournable des voyages en voiture, l’entreprise surfait sur le succès. Mais depuis, les habitudes ont radicalement changé. Il faut reconnaitre que les automobilistes n’utilisent plus d’appareils séparés pour se déplacer, semble reconnaître TomTom. Smartphones, applications gratuites, mise à jour automatique des cartes, suggestions en temps réel du trafic : l’expérience proposée par Waze ou Google Maps a rendu les GPS traditionnels complètement obsolètes.
Pour éviter de sombrer, TomTom cherche à se réinventer. L’entreprise met en avant sa nouvelle feuille de route : bascule vers des produits modulaires, facilement intégrables par des partenaires tiers, et modernisation complète de ses plateformes techniques. Le lancement de TomTom Orbis Maps, une nouvelle solution cartographique censée offrir des données plus précises et actualisées, en est un exemple.
Mais cette reconversion a un coût social. Les licenciements toucheront principalement les équipes chargées de la « couche applicative », ainsi que les services commerciaux et de support. Environ 150 postes seront supprimés aux Pays-Bas, le reste étant réparti sur les sites à l’international. TomTom assure qu’un accompagnement sera proposé aux salariés concernés.
Le PDG Harold Goddijn se veut malgré tout optimiste : « Cette transition nous permettra d’accélérer nos cycles de développement et d’améliorer l’expérience client. » Il mise aussi sur l’IA pour adapter plus rapidement les produits aux besoins des entreprises clientes, comme Apple, Renault ou encore Volkswagen, qui utilisent les cartes TomTom dans leurs propres services.
Reste que les chiffres ne jouent pas en faveur de l’entreprise. TomTom prévoit un recul de son chiffre d’affaires en 2025, entre 505 et 565 millions d’euros, contre 574 millions en 2024. Et après deux exercices dans le rouge, l’an dernier s’est encore soldé par une perte de plus de 14 millions d’euros.
À l’image de Nokia ou BlackBerry, TomTom incarne une de ces entreprises qui ont dominé un marché… avant d’être rattrapées par la vague du smartphone. La survie de l’entreprise dépendra désormais de sa capacité à se rendre indispensable dans l’ombre, en tant que fournisseur de technologies, et non plus en tant que marque visible du grand public.
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