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Face à la désinformation, 15 grands médias européens lancent leur propre chatbot IA

Ce projet piloté par l’AFP a vocation à proposer une source d’information alternative, plus fiable que les réseaux sociaux et aussi facile à utiliser que ChatGPT et consorts.

Il est désormais de notoriété publique que les chatbots IA comme ChatGPT sont loin d’être des sources fiables sur tous les sujets — une lacune particulièrement criante lorsqu’il s’agit d’informations récentes. Un consortium de grands médias européens veut désormais inverser la tendance en lançant son propre chatbot, destiné à combattre la désinformation.

Cet outil, appelé ChatEurope, est construit autour d’un modèle développé par Mistral, une startup française souvent présentée comme la championne européenne de l’intelligence artificielle. L’infrastructure qui permet de soutenir ce service est aussi basée dans l’Hexagone : l’hébergement est géré par XWiki, une entreprise parisienne qui propose des solutions open source de gestion de données.

En pratique, il fonctionne comme n’importe quel autre chatbot IA. On lui adresse une requête textuelle (un “prompt”), et il génère ensuite une réponse basée sur les données qui ont servi à l’entraîner.

Enfin un chatbot IA fiable ?

La différence par rapport à ChatGPT, Claude, Gemini et consorts réside dans la nature de ces données. Au lieu de concocter des réponses à partir d’une montagne de contenu glané aux quatre coins du web, ChatEurope s’appuie exclusivement sur des informations vérifiées individuellement par des journalistes professionnels, sources à l’appui.

Les journalistes en question sont tous issus des différents organes de presse affiliés au projet. Selon l’Agence France-Presse, qui dirige ce groupe soutenu par la Commission européenne, celui-ci comprend 14 autres acteurs médiatiques de premier plan. On peut citer France Médias Monde (France 24, RFI…), Deutsche Welle côté allemand, ou encore El País chez nos voisins espagnols.

Une contre-offensive face à la désinformation

Avec cette initiative, le consortium entend proposer une réponse concrète à la désinformation qui pullule désormais sur de nombreux canaux d’information, à commencer par les réseaux sociaux.

Selon la dernière enquête du Parlement européen sur ce sujet, ces plateformes représentent désormais la principale source d’information pour plus de 40 % des Européens âgés de 16 à 30 ans. La grande majorité de ce public (76 % des jeunes, selon la même enquête) a conscience d’être régulièrement exposée à une ribambelle d’affirmations trompeuses ou factuellement fausses, qui peuvent être difficiles à identifier. Il existe donc une vraie demande de la part de cette partie de la population, qui cherche activement des alternatives.

Cela explique en partie pourquoi de plus en plus de monde, notamment chez les plus jeunes, se rabat désormais sur des outils comme ChatGPT. Mais de nombreux cas d’école nous ont déjà prouvé que ces chatbots IA sont également loin d’être parfaitement fiables — d’où l’importance, pour les grands acteurs de la presse traditionnelle, d’avancer leurs pions sur ce terrain.

« Face à la désinformation généralisée et à l’avènement de l’intelligence artificielle, les médias doivent s’adapter de toute urgence », estime Christine Buhagiar, directrice du développement et de la diversification de l’AFP citée par TheNextWeb.

ChatEurope est accessible directement et gratuitement à cette adresse.

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Source : AFP

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