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Oubliez les drones, la Chine déploie des abeilles cyborgs pour ses missions les plus secrètes

Oubliez le miel et la pollinisation, une nouvelle ère pour nos amies les abeilles est en train de se dessiner, et elle est bien plus… militaire. Des scientifiques à l’Institut de technologie de Pékin ont franchi un cap sidérant : ils ont transformé des abeilles ouvrières en véritables agents de renseignement, grâce au plus léger contrôleur cérébral jamais conçu.

Imaginez une abeille, habituellement occupée à collecter le nectar, portant désormais un minuscule appareil pesant à peine 74 milligrammes, moins qu’une pincée de sel, ou pour le dire autrement, plus léger qu’un sac de nectar que ces butineuses peuvent transporter, qui pèse jusqu’à 80% de leur propre masse corporelle. Cet appareil, astucieusement attaché sur son dos, transperce le cerveau de l’insecte avec trois aiguilles. Le but est de créer des « illusions » par impulsions électroniques pour dicter ses mouvements de vol : tourner à gauche, à droite, avancer, reculer. Et le plus troublant ? Neuf fois sur dix, l’abeille obéit.

Une révolution miniaturisée au service de l’humain (et de l’armée)

Ce n’est pas de la science-fiction, mais bien une réalité publiée le 11 juin dans le très sérieux Chinese Journal of Mechanical Engineering (via SCMP). Le professeur Zhao Jieliang et son équipe sont les cerveaux derrière cette prouesse technologique. Selon eux, ces « abeilles machines « héritent de la mobilité supérieure, des capacités de camouflage et de l’adaptabilité environnementale de leurs hôtes biologiques.

Abeille Cyborg Chine
© Beijing Institute of Technology (via SCMP)

Les applications sont, quant à elles, à double tranchant. D’un côté, ces abeilles cyborgs pourraient devenir des alliées inestimables pour la recherche de survivants dans les décombres après un tremblement de terre. Leur petite taille leur permettrait de se faufiler dans des espaces inaccessibles aux humains ou aux robots plus imposants. De l’autre, le véritable enjeu apparaît comme étant bien plus stratégique. « Comparées aux alternatives synthétiques », expliquent Zhao et ses collègues, « elles démontrent une furtivité améliorée et une endurance opérationnelle prolongée, ce qui les rend inestimables pour la reconnaissance secrète dans des scénarios tels que le combat urbain, la lutte contre le terrorisme et l’interdiction de stupéfiants. »

La course aux cyborgs : la Chine en pole position

Avant cette avancée chinoise, le record du contrôleur cyborg le plus léger était détenu par Singapour, mais il était trois fois plus lourd. Ces dispositifs singapouriens permettaient de commander des scarabées et des cafards, mais leur vitesse de déplacement était limitée et leur endurance faible. L’équipe de Zhao a innové en imprimant des circuits sur un film polymère, aussi fin et flexible que les ailes d’un insecte, mais capable d’intégrer de nombreuses puces, y compris une télécommande infrarouge.

La Chine n’est pas la seule sur ce créneau. Les États-Unis, via la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), et le Japon ont longtemps été des acteurs majeurs dans la course à la technologie cyborg. Mais avec des financements gouvernementaux massifs et une industrie électronique en plein essor, la Chine est en train de battre des records et de s’imposer comme un leader. Précisions néanmoins que ces informations provenant de Chine peuvent aussi relever de la propagande technologique dans la bataille que se livre Pékin et Washington.

Des défis subsistent, mais l’avenir est déjà là

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les abeilles ont encore besoin d’une alimentation filaire pour l’instant, et une batterie durable (environ 600 mg) est bien trop lourde pour elles. De plus, les chercheurs ont constaté que les pattes et le ventre des abeilles « refusent » parfois les commandes, et qu’un même signal peut provoquer des réactions différentes chez divers insectes.

Drone Moustique Chine
Le « drone moustique », l’autre arme envisagée par la Chine pour des missions spéciales. © Capture d’écran / CCTV 7

Malgré ces défis, l’équipe du professeur Zhao est optimiste. Ils prévoient d’optimiser les signaux de stimulation pour améliorer la précision et la répétabilité du contrôle comportemental. Parallèlement, ils travaillent à l’intégration de modules fonctionnels supplémentaires pour doter ces abeilles robots de capacités de perception environnementale accrues.

Dans ce qui ressemble à une nouvelle ère de surveillance discrète, pour ne pas dire d’espionnage, et d’intervention en milieu complexe, un « drone moustique » attire aussi l’attention depuis quelques jours, Tout droit sorti d’un centre de recherche chinois, il mesure 2 centimètres de long, pèse moins de 0,2 gramme et ses ailes pourraient battre jusqu’à 500 fois par seconde. Cependant, aucunes images ne montrent le « drone moustique » en vol. Inspiré du microdrone Black Hornet, utilisé notamment par les forces spéciales ukrainiennes pour des missions de reconnaissance, ces innovations s’inscrivent dans une stratégie chinoise visant à intégrer l’intelligence artificielle et les technologies autonomes dans le domaine militaire.

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