Les archives militaires du Pentagone regorgeaient de preuves de phénomènes aérospatiaux non identifiés (PANs), c’est un secret de polichinelle. Jamais, en revanche, nous n’aurions pu parier qui allait briser ce sceau, ni que le printemps 2026 marquerait l’heure de la grande révélation. Le 8 mai, 162 dossiers déclassifiés couvrant plus de 400 incidents répartis sur huit décennies ont été regroupés et hébergés sur un portail dédié du Département de la Guerre américain, sous l’impulsion de Donald Trump.
Une décision qui fait suite à une longue et tortueuse histoire institutionnelle, qui a réellement commencé en 2017, lorsque la presse révéla l’existence du programme secret AATIP (Advanced Aerospace Threat Identification Program)
, financé à hauteur de 22 millions de dollars par la Defense Intelligence Agency entre 2007 et 2012 pour étudier des phénomènes aérospatiaux inexplicables. Ce fut le premier pas de la grande déstigmatisation ; appelons un chat un chat : pour la première fois, les États-Unis, et donc le reste du monde, admettaient que des objets matériels aux capacités techniques dépassant les nôtres opéraient de manière répétée dans notre environnement, sans que nous puissions en expliquer l’origine.
En 2020, la Marine américaine publia pour la première fois des vidéos officielles de rencontres avec des objets non identifiés. En 2022, le Congrès créa l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office), chargé de centraliser et d’analyser les signalements ; plus de 2 000 cas à ce jour, dont une infime minorité est résolue. En juillet 2023, l’ancien officier du renseignement David Grusch témoignait devant la Chambre des représentants, affirmant sous serment que le gouvernement américain détiendrait des engins « non humains » récupérés lors de crashs. Un électrochoc total pour l’opinion publique.
C’est en février 2026 que Trump signa une directive ordonnant à l’ensemble des agences fédérales de réviser et de publier tous leurs dossiers liés aux PANs, aux objets volants non identifiés et à « la vie extraterrestre et alien ». Quiconque est équipé d’une connexion internet peut désormais consulter ce que l’État américain a préféré enfouir plutôt que d’admettre qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il détenait.

OVNI : Trump passe à l’acte
C’est sur le réseau Truth Social, chambre d’écho conservatrice créé par Trump lui-même en 2021 après avoir été dégagé de Twitter, que le président a annoncé l’ouverture du portail le 8 mai. « Conformément à ma promesse, le Département de la Guerre a publié la première partie des dossiers OVNI/PANs pour que le public les examine et les étudie. Dans un effort de transparence complète et maximale, ce fut mon honneur de diriger mon Administration pour identifier et fournir les fichiers gouvernementaux liés à la vie alien et extraterrestre, aux Phénomènes Aériens Non Identifiés et aux Objets Volants Non Identifiés. Alors que les administrations précédentes ont manqué de transparence sur ce sujet, avec ces nouveaux documents et vidéos, les gens peuvent décider par eux-mêmes : “QU’EST-CE QUI SE PASSE BON SANG ?” Amusez-vous et profitez-en ! Président DONALD J. TRUMP. », a-t-il écrit.
De manière objective, c’est habile de sa part : avec ce message, il se place en Grand Révélateur, celui qui, seul, ose lever le voile que les « élites » et le « Deep State » maintenaient sur le peuple. En s’appropriant le récit de l’inexpliqué, Trump brise ainsi le dernier tabou de la communication présidentielle. De fait, il instrumentalise la déclassification comme la preuve ultime de la duplicité des anciennes élites. La vie alien est un argument politique aussi réel qu’un autre, comme le serait un traité commercial ou un chiffre du chômage.
Outre l’aspect « disneylandisation du secret d’État », l’initiative provient tout de même d’un projet sérieux, coordonné entre plusieurs agences officielles : le Pentagone, l’ODNI (Office of the Director of National Intelligence), la NASA, le FBI, le Département de l’Énergie et l’AARO.
Trump n’est donc pas tout seul aux manettes, et s’est entouré de ses lieutenants pour porter l’estocade. Peter Hegseth, ancien militaire et présentateur télé de Fox News, aujourd’hui secrétaire à la Défense, est en première ligne. « Ces fichiers, cachés derrière des classifications, ont longtemps alimenté des spéculations justifiées — il est temps que le peuple américain les voie par lui-même », a-t-il déclaré. Tulsi Gabbard, directrice du Renseignement national, a précisé qu’il s’agissait là du « premier d’une série d’efforts continus de déclassification ». D’autres documents seront publiés par vagues successives dans les semaines qui viennent.
Nuance importante toutefois : la révision préalable à la publication n’a porté que sur la sécurité nationale pour s’assurer que les documents ne compromettaient pas d’opérations militaires en cours ou n’exposaient pas des sources sensibles. Ce que les témoins ont réellement observé, ce que sont ces objets et d’où ils viennent, personne ne s’y est attelé. Le Pentagone le reconnaît volontiers : beaucoup de ces matériaux n’ont pas encore été analysés pour résoudre les anomalies qu’ils décrivent.
De Roswell à Apollo 11 : que contiennent vraiment les archives ?
S’il est bien évidemment impossible de tout passer en revue, nous pouvons toutefois affirmer que le contenu publié est vertigineux. Le document le plus ancien remonte à novembre 1948 : un rapport top secret de la Direction du Renseignement de l’U.S. Air Force signalant des objets non identifiés récurrents dans le ciel européen. Ses auteurs avaient consulté les services suédois, qui leur avaient répondu que « ces phénomènes sont manifestement le résultat d’un savoir-faire technique hautement développé qui ne peut être attribué à aucune culture actuellement connue sur Terre ».

Autre témoignage marquant : celui de Richard Russell, sénateur président de la commission des forces armées du Sénat américain, qui rapporte en 1955, avoir aperçu en compagnie de sa délégation, depuis un train en URSS, deux objets ressemblant à des « aéronefs en forme de disque volant ».
Le rapport de Russell a été classifié top secret dès 1955 et n’a été déclassifié qu’en 1985. L’attaché de l’Air Force qui avait recueilli le témoignage à Prague qualifiait pourtant Russell, son aide militaire le lieutenant-colonel Hathaway et leur interprète Ruben Efron d’« excellentes sources » dans son compte-rendu officiel. Autrement dit, l’armée américaine avait validé par écrit la crédibilité de trois témoins dont l’un présidait la commission des forces armées du Sénat et elle avait quand même tout enterré pendant trois décennies.
L’une des révélations les plus frappantes reste tout de même le débriefing technique d’Apollo 11 de juillet 1969. Le document attribue à Buzz Aldrin trois observations étranges : un objet aperçu sur le trajet aller vers la Lune, des flashs lumineux à l’intérieur de la cabine du module de commande Columbia, et sur le trajet retour, une source lumineuse intense que l’équipage « a provisoirement attribuée à un éventuel laser ».
Les missions Apollo 12 et Apollo 17 font l’objet de dossiers similaires et pour cette dernière, une image d’archive montre trois lumières au-dessus de la surface lunaire (voir ci-dessous), à propos desquelles les astronautes ont émis l’hypothèse qu’elles provenaient de particules de glace éjectées par le vaisseau et illuminées par le Soleil.

De nombreux autres témoignages contemporains sont disponibles, dont celui d’un « incident » qui aurait eu lieu dans un espace aérien fermé dédié à des tests militaires en septembre 2023. C’est ce que représente la photo en haut de l’article : un objet ovoïde métallique flottant, avec une lumière intense à une extrémité, observé pendant cinq à dix secondes avant de disparaître instantanément. Une apparition corroborée par plusieurs témoins dans au moins deux véhicules différents.
Un dossier du Pentagone documente un événement de 2023, qui s’est déroulé dans l’ouest des États-Unis, durant lequel des agents fédéraux ont observé sur deux jours consécutifs des « orbes oranges » émettant par groupes de deux à quatre des « orbes rouges plus petits » depuis plusieurs points de vue indépendants. Le Pentagone le qualifie comme l’un des rapports « les plus convaincants » en sa possession.
Des signalements militaires plus récents encore sont également disponibles : un objet triangulaire et métallique à 7 600 mètres au-dessus de la Méditerranée, un engin repéré par un système de surveillance américain en Irak en 2024, des zones lumineuses semi-transparentes en Syrie, un objet effectuant des virages à 90 degrés à 130 km/h en mer Égée en 2023, et un autre en forme de ballon de football au-dessus de la mer de Chine orientale en 2022.
Que l’on soit bien clair sur ce point : aucun document du portail ne présente à ce jour la preuve irréfutable que le gouvernement américain détient un trésor de guerre extraterrestre. En revanche, ce que ces archives confirment, c’est que l’État américain, pendant presque 80 ans, a consacré des ressources colossales à traquer et analyser des objets dont il ne sait toujours rien. Pourquoi a-t-il fallu attendre 2026 et un président qui gouverne par posts sur son propre réseau social pour que la démocratie la plus puissante du monde daigne partager ce qu’elle savait avec ceux qui la financent ? Mystère et boule de gomme : « La vérité est ailleurs », enfouie, pour le moment, sous une tonne de clichés dont l’intérêt scientifique restera à prouver.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.