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Lunettes connectées : Meta s’offre un petit bout d’EssilorLuxottica

Meta a discrètement acquis près de 3 % d’EssilorLuxottica, le géant franco-italien de la lunetterie, avec qui il développe déjà les lunettes connectées Ray-Ban et Oakley.

Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a mis des billes dans EssilorLuxottica, le plus grand fabricant de lunettes au monde. D’après plusieurs sources de Bloomberg, le géant californien aurait acquis un peu moins de 3 % du capital du groupe franco-italien, soit une opération estimée à environ 3 milliards d’euros. L’objectif ne serait pas simplement financier : Meta envisagerait déjà de monter à 5 % du capital à terme, selon les mêmes sources.

Alliance autour des lunettes connectées

Cette prise de participation n’a rien d’innocent du côté de Menlo Park. Meta a en effet bien l’intention de faire des lunettes connectées un véritable produit de consommation grand public. Les deux groupes travaillent ensemble depuis 2021, notamment autour de modèles Ray-Ban qui intègrent caméras, assistants vocaux et quelques fonctions d’intelligence artificielle, comme la description de lieux ou l’accès à des données en temps réel. En juin dernier, Meta et EssilorLuxottica ont même prolongé leur partenariat jusqu’en 2030. Mark Zuckerberg déclarait alors vouloir « transformer les lunettes en une plateforme technologique majeure, tout en les rendant tendance ».

Ce rapprochement permet à Meta d’accéder à un précieux savoir-faire industriel, celui de la fabrication et de la distribution de masse. EssilorLuxottica, propriétaire de marques comme Ray-Ban, Oakley ou Persol, possède un réseau de production et de vente mondial difficilement égalable. Cette prise de participation minoritaire a de quoi accélérer les ambitions matérielles de Meta, qui cherche depuis des années à s’émanciper des plateformes mobiles d’Apple et Google, et à imposer son propre écosystème.

Dernier exemple en date : le lancement récent de l’Oakley Meta HSTN, une nouvelle paire de lunettes connectées affichée à 499 €. Cette version promet un meilleur capteur vidéo (jusqu’à 3K), huit heures d’autonomie et un design plus sportif, héritage de la marque Oakley. Elle reprend aussi les fonctions déjà vues sur les Ray-Ban Meta de deuxième génération, comme l’écoute de musique, la capture photo/vidéo et les interactions vocales avec un assistant IA.

Oakley Meta Hstn 1
© Meta

L’ensemble du marché semble se structurer autour de ces lunettes connectées « non-AR » : elles proposent des informations mais ne modifient pas la perception de l’environnement comme le promettent les casques de réalité augmentée encombrants et pas très pratiques. Apple, après le lancement de son casque Vision Pro, aurait d’ailleurs revu ses ambitions à la baisse et plancherait également sur des lunettes plus simples. Google travaille avec Warby Parker et Gentle Monster, pendant que Xiaomi vient de sortir un modèle AI Glasses en Chine.

Le marché mondial des lunettes intelligentes pourrait passer de 1,93 milliard de dollars en 2024 à plus de 8,2 milliards d’ici 2030. Pour Meta comme pour ses concurrents, le pari est donc évident : les lunettes connectées ne sont plus un gadget, mais un vrai levier pour devenir l’interface numérique principale dans un très proche avenir… au détriment des smartphones.

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