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La SNCF surveille ses caténaires à grande vitesse grâce à des lasers embarqués

Inspecter les caténaires sans bloquer le trafic, c’est désormais possible grâce à un nouveau système mis au point par SNCF Réseau. Baptisé CAMESCAT, ce capteur laser embarqué peut mesurer l’usure des câbles à 120 km/h, en plein service. Plus rapide, plus précis, et plus économe, il permet aussi de consommer moins de cuivre.

Les caténaires sont essentiels à la circulation des trains électriques, y compris ceux roulant à plus de 300 km/h. Sur le réseau français, ils totalisent plus de 33.000 kilomètres. Bien qu’ils soient conçus pour durer des décennies, leur usure est inévitable, avec en moyenne 16 incidents par an liés à l’abrasion. Jusqu’à présent, leur surveillance s’effectuait à l’aide de véhicules spécialisés, lents et rares, capables d’évaluer l’état des câbles tous les cinq ans sur une même ligne.

Caténaires sous haute surveillance

Pour sortir de cette impasse logistique, SNCF Réseau a mis au point CAMESCAT, un capteur de mesure installé sur un pantographe modifié. Conçu dès 2015 en partenariat avec Infrabel (le gestionnaire belge) et Eurailscout France, le système utilise deux lasers pour reconstruire le profil des fils en trois dimensions. Il capture jusqu’à 6.000 images par seconde et mesure l’épaisseur des caténaires au demi-millimètre près, tout en roulant à 120 km/h.

Sncf Camescat 2
© SNCF

L’un des grands avantages du dispositif, c’est justement sa vitesse. Il peut être inséré dans le trafic commercial ou inspecter une ligne à grande vitesse en une seule nuit. « Nous pouvons désormais réaliser une mesure précise à 120 km/h », explique Chantal Labadie, cheffe de projet chez SNCF Réseau. Un deuxième exemplaire de CAMESCAT est prévu pour 2027, ce qui permettra d’inspecter la quasi-totalité du réseau chaque année.

Le projet CAMESCAT va au-delà de la simple maintenance préventive. Il fait aussi partie d’une logique économique et de protection de l’environnement. Le cuivre, composant principal des caténaires, coûte de plus en plus cher. Le système permet donc d’identifier précisément les zones réellement endommagées, ce qui évite de remplacer des kilomètres de câbles encore fonctionnels. « Cela nous permettra d’optimiser notre consommation de cuivre », souligne Chantal Labadie. En parallèle, SNCF Réseau poursuit ses efforts pour recycler les anciennes caténaires.

Côté technique, l’intégration du système a nécessité un gros travail d’homologation, avec 150 composants et 20 kg de matériel embarqués. Le dispositif s’appuie aussi sur une infrastructure informatique capable de traiter de gros volumes de données et de les transmettre via le cloud aux équipes d’analyse.

« Passer d’un prototype à un outil de production fiable, c’est toujours un cap délicat », relève Guillaume Jehanne, directeur général d’Eurailscout France. Mais tout le monde a travaillé en bonne intelligence entre les ingénieurs, les opérateurs et les mainteneurs. Cette approche collective a d’ailleurs été saluée en interne, comme un exemple de bonne synergie entre les différentes branches du groupe.

CAMESCAT n’a pas fini de faire parler de lui : plusieurs opérateurs européens ont déjà manifesté leur intérêt pour ce capteur qui offre de bonnes performances industrielles tout en consommant peu.

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Source : SNCF

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