Pendant longtemps, on a cru qu’il fallait conduire une voiture électrique comme une grand-mère pour ménager sa batterie. Mais une nouvelle étude menée par l’université de Stanford remet sérieusement cette idée en cause. En analysant le comportement de 92 cellules de batteries commerciales sur deux ans, les chercheurs ont constaté qu’un usage plus dynamique – proche d’un trajet urbain typique avec ses ralentissements, ses redémarrages et ses coups d’accélérateur – était en réalité… bien plus bénéfique.
Rouler mollo, pas si écolo pour la batterie
Le terme scientifique utilisé est « dynamic cycling ». Il désigne un mode de décharge varié, à l’opposé d’une consommation linéaire comme celle que l’on retrouve sur autoroute à vitesse constante. À l’issue de cette torture, les batteries soumises à ce type d’usage ont tenu jusqu’à 38 % plus longtemps que celles qui simulaient uniquement de longs trajets calmes.
Pourquoi cette différence ? Parce que les batteries ne vieillissent pas toutes de la même manière selon la façon dont elles sont sollicitées. Le cœur de l’étude repose sur la mesure de la « santé » de la batterie (le State of Health, ou SOH), et le nombre de cycles complets de charge-décharge (Equivalent Full Cycles) qu’elle peut encaisser avant de passer sous les 85 % de performance.
Le constat est simple en réalité : les batteries n’aiment ni les hauts niveaux de charge maintenus trop longtemps, ni les décharges profondes répétées. Pire encore, un usage trop uniforme, comme un trajet en vitesse de croisière à 110 km/h pendant plusieurs heures, accélère leur vieillissement.
À l’inverse, une conduite plus nerveuse (mais sans être extrême) permet d’introduire des pulses de courant de basse fréquence, sortes de petites impulsions qui stimulent la chimie interne de la cellule et retardent sa dégradation. À titre d’exemple, à une intensité de décharge équivalente à une autonomie consommée sur deux heures, les batteries dynamiques atteignent plus de 1.600 cycles contre 1.400 pour celles soumises à un régime constant.
Selon l’étude de Stanford, cette découverte pourrait non seulement aider les automobilistes à faire durer leurs batteries, mais aussi changer la manière dont les constructeurs testent leurs cellules. Aujourd’hui, la plupart des essais en laboratoire utilisent des profils de décharge trop simples, déconnectés de la réalité de la route.
Pour le dire autrement, les tests actuels sous-estiment la longévité potentielle des batteries en situation réelle, avec jusqu’à 195.000 km de différence en autonomie estimée. De quoi reconsidérer certaines procédures d’homologation.
Pour les conducteurs, pas besoin de devenir pilote de course. Mais varier les plaisirs, entre trajets urbains, quelques accélérations franches et un peu d’autoroute, semble être la meilleure stratégie pour garder une batterie en forme. Et finalement, ça tombe bien : c’est souvent comme ça qu’on roule déjà au quotidien.
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