Dans les accessoires de cuisine, les contenants alimentaires, l’eau, les sols, les produits volatils, et même dans les jouets pour bébé, les PFAS sont partout. Le 30 juillet dernier, le ministère de l’Écologie a rendu publique une carte détaillée de l’ensemble des résultats d’analyses des PFAS dans l’eau. L’occasion pour nos confrères de France Info de partager une liste complète des villes les plus à risque.
Polluants éternels, risques bien réels
Surnommés polluants éternels, les PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) doivent leur nom à leur exceptionnelle persistance dans l’environnement et la difficulté à les éliminer une fois présents dans l’eau ou les sols. Il en existerait des dizaines, dont la dangerosité individuelle n’a pas encore été précisément établie. Toutefois, les études scientifiques associent une exposition chronique à ces substances à des risques accrus de cancers, des troubles de la fertilité ou du développement chez l’enfant, ainsi qu’à une altération du système immunitaire.
Des villes au-dessus des seuils réglementaires
Dans l’étude publiée par le ministère, plusieurs villages voient la concentration de ces substances chimiques dépasser largement les normes dans l’eau. L’origine de cette pollution massive, observée notamment dans la Meuse et les Ardennes, serait principalement agricole. Depuis des décennies, des boues issues d’industries papetières ont été épandues sur les sols des alentours, transportant une série de substances chimiques aujourd’hui identifiées comme des PFAS. À l’époque, la législation ne prévoyait pas de contrôle sur ces composés chimiques.
Ce n’est qu’en 2025, après l’alerte de l’Agence Régionale de Santé, que le problème a été mis au jour. Plus de 3 500 habitants de seize communes sont impactés, certains pour une durée indéfinie.
Quelles villes sont concernées ?
Sur le site du gouvernement, on peut lire que “le maximum de PFAS autorisé dans l’eau du robinet est fixé à 0,1 µg/L“, alors même qu’en France, “le taux moyen de PFAS en 2024 était de 0,014 µg/L“. Parmi les villes les plus contaminées, huit dépassent largement les seuils autorisés.
- Abrest (03), avec 2.7 µg/L
- Villeneuve-la-Garenne (92), avec 2.29 µg/L
- Louppy-sur-Loison (55), avec 1.94 µg/L
- Salaise-sur-Sanne (38), avec 1.89 µg/L
- Villy (08), avec 1.75 µg/L
- Juvigny-sur-Loison (55), avec 1.65 µg/L
- Lyon (69), avec 1.37 µg/L
- Aubagne (13), avec 1.13 µg/L
Rapidement, les autorités sanitaires imposent une interdiction absolue de consommer l’eau des robinets dans ces communes. Il faut dire que certaines dépassent plus de 27 fois le seuil réglementaire. À Juvigny-sur-Loison, l’ensemble des foyers doit se ravitailler quotidiennement en packs d’eau, fournis par la mairie. Les données françaises révèlent que le problème n’est pas réservé qu’à la Meuse : Paris, Nantes, Lyon ou Marseille présentent aussi des taux préoccupants, bien qu’inférieurs à ceux du nord-est du pays. À ce jour, la présence de PFAS dans l’eau distribuée concerne la quasi-totalité du territoire français.
Quelles solutions pour dépolluer l’eau ?
Face à la crise, la France s’est dotée d’outils de surveillance plus solides. Dès janvier 2026, le contrôle de la somme des 20 PFAS sera généralisé sur tout le réseau national, conformément aux avancées européennes (annexe I de la directive européenne EDCH sur les eaux destinées à la consommation humaine du 16 décembre 2020).
Côté traitement, deux techniques majeures se distinguent : l’absorption sur charbon actif, peu efficace sur certaines molécules, et l’osmose inverse, bien plus performante, mais aussi plus coûteuse.
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