Coup dur pour Nestlé. Selon une enquête partagée par Mediapart, et appuyée par des analyses de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), les eaux minérales Contrex et Hépar présentent des niveaux de microplastiques d’une ampleur préoccupante. L’entreprise nie toutes les accusations formulées, mais le procès est prévu à la fin du mois de novembre 2025.
Un scandale sanitaire inédit
Selon Mediapart, les taux détectés atteignent 515 particules par litre pour Contrex et 2 096 pour Hépar, soit des concentrations dépassant entre 51 000 et 1,3 million de fois celles relevées dans divers lacs, fleuves et rivières. Ces chiffres sont aussi bien supérieurs aux moyennes mondiales constatées dans les nappes phréatiques et chez les embouteilleurs concurrents.
Selon les premiers éléments, cette concentration “incommensurables” de microplastiques proviendrait des décharges sauvages gérées par Nestlé Waters autour de plusieurs sites dans les Vosges. L’entreprise est désormais poursuivi devant la justice pour avoir laissé fuir des déchets polluants touchant sols et eaux superficielles et souterraines dans les communes de Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-Les-Parey et Crainvilliers. Ces décharges totalisent près de 474 000 mètres cubes de déchets, un volume équivalant à 126 piscines olympiques.
Un procès en fin d’année
Le procès se tiendra à Nancy du 24 au 28 novembre 2025. Nestlé continue cependant à nier l’existence d’une pollution avérée dans ses analyses environnementales officielles, assurant que ses eaux sont consommables sans danger. Mais une note interne consultée par Mediapart indique que dès l’année 2022, Nestlé affirmait que les décharges pourraient avoir “un impact sur la qualité des eaux”. Selon l’entreprise, les décharges citées dans ce rapport datent des années 1960, avant qu’elle ne soit propriétaire des terrains pollués.
Pas de règlementation existante
Actuellement, aucune réglementation spécifique ne limite les teneurs en microplastiques dans les eaux minérales naturelles, ce qui accentue la complexité juridique et sanitaire de ce scandale. Néanmoins, la prise de conscience est réelle et des négociations internationales sont en cours à Genève pour établir un traité global contre la pollution plastique.
Le procès de Nancy constituera un moment clé pour la justice environnementale française, dans un contexte où la pollution plastique s’impose comme un enjeu global, et urgent.
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