L’essor de l’IA ne se mesure pas seulement par ses innovations logicielles : il se traduit aussi et surtout par une consommation électrique hors norme. Entraîner un modèle et l’exploiter au quotidien dans des services en ligne exige des centres de données capables de tourner jour et nuit. Avec comme résultat une demande d’énergie qui grimpe en flèche, au point de mettre sous tension un réseau électrique qui doit déjà satisfaire les besoins des particuliers et des entreprises.
Quand l’IA fait exploser la consommation électrique
Face à ce mur énergétique, les infrastructures actuelles peinent à suivre. L’éolien et le solaire apportent une contribution précieuse, mais leur production dépend des conditions météo. Les centrales nucléaires traditionnelles, elles, nécessitent des investissements lourds et des délais très longs. C’est pourquoi de nouvelles approches, plus flexibles, émergent : les réacteurs nucléaires compacts et modulaires.
C’est dans cette voie que s’engage Google avec un accord signé aux États-Unis. Le groupe va bénéficier de l’électricité produite par Hermes 2, un réacteur de 50 mégawatts développé par Kairos Power, en collaboration avec la Tennessee Valley Authority (TVA). Installé à Oak Ridge, dans le Tennessee, le site doit entrer en service en 2030. Une partie de son énergie sera directement utilisée par les data centers de Google implantés dans la région, notamment dans le Tennessee et l’Alabama.
Cet accord est une première : jamais une compagnie américaine n’avait encore acheté d’électricité issue d’un réacteur nucléaire de quatrième génération. Et il ne s’agit que d’une étape. Google et Kairos Power visent à terme 500 mégawatts de capacités nucléaires supplémentaires d’ici une dizaine d’années. De quoi sécuriser un approvisionnement stable, local et bas carbone pour les infrastructures cloud et d’IA du groupe.
L’administration Trump a lancé plusieurs mesures pour simplifier les procédures de licence, multiplier les projets pilotes et soutenir les réacteurs modulaires. L’objectif affiché a de l’ambition : il s’agit en effet de tripler ou de quadrupler la capacité nucléaire américaine d’ici 2050. Ces signaux politiques ont relancé l’intérêt des investisseurs et permis à des startups de se positionner. L’accord entre Google, la TVA et Kairos Power est donc le premier du genre et probablement pas le dernier.
Pour Google, ce partenariat dépasse la simple question de l’approvisionnement. Il s’agit d’assurer une énergie décarbonée et disponible en permanence, une condition essentielle pour soutenir l’essor de l’intelligence artificielle. Hermes 2 pourrait servir de modèle à d’autres accords entre géants du numérique et acteurs de l’énergie.
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