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Éducation à la vie affective et sexuelle à l’école : attention aux fake news !

La nouvelle éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), mise en place à la rentrée 2025, cristallise encore une fois les débats.

Depuis la publication des nouveaux programmes EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle), une offensive réactionnaire s’est structurée autour de fake news devenues virales. Vidéos, tracts mensongers, pétitions en ligne : le phénomène prend de l’ampleur, mais il n’est pourtant pas inédit. Il y a 12 ans, l’ABCD de l’égalité proposé par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, avait déjà connu une polémique similaire. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs prétendent que l’école apprendrait la masturbation en classe, pousserait les plus jeunes à se déshabiller et enseignerait la “théorie du genre“, destinée à influencer la jeune génération à “sortir” de l’hétérosexualité normative. Sans grande surprise, il suffit de lire les textes pour comprendre que les inquiétudes soulevées par les détracteurs du programme reposent largement sur des fake news et une mécompréhension du nouveau programme.

Que contient le nouveau programme ?

Dès la rentrée 2025, il sera obligatoire pour les élèves de suivre trois séances par an, de la maternelle au lycée, d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Chaque séance devra être adaptée à l’âge des élèves. Il n’est donc pas question (contrairement à ce qui a été entendu) d’expliquer la fellation à des enfants de maternelle. Pour les plus jeunes, ces cours serviront d’abord à reconnaître ses émotions, tout en apprenant le respect de l’intimité (par exemple : ne pas regarder un ou une camarade aux toilettes), le consentement dans les gestes de la vie quotidienne et l’égalité filles-garçons. Aucun enseignement sur la sexualité n’y est dispensé à ces niveaux. Au collège, les thématiques sont adaptées : prévention des IST, contraception, lutte contre l’homophobie et déconstruction des stéréotypes de genre. Le consentement, la puberté et les changements physiques seront progressivement abordés, tandis que la sexualité et les thématiques sociétales (genre, orientations, discriminations…) seront réservés aux élèves plus âgés.

Pourquoi autant de fake news ?

La propagation des fake news s’opère principalement via des groupes structurés. Des collectifs de parents d’élèves, proches de mouvances conservatrices, organisent campagnes, réunions et diffusion de guides à destination des familles pour s’opposer frontalement à la réforme. Sans surprise, les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans cette caisse de résonance à fausses informations.

En réponse, de nombreux enseignants rappellent la nécessité d’une communication transparente avec les familles, même s’il est bon de rappeler qu’il n’est pas légalement obligatoire de prévenir les parents avant l’organisation de séances d’EVARS (au titre de n’importe quel autre matière prévue au programme). Pour apaiser les craintes, le ministère a toutefois publié sept dépliants clarifiant programme et objectifs, tout en promettant un soutien aux enseignants en cas de menaces.

Les enjeux éducatifs derrière la polémique

Derrière le tumulte, la réalité reste préoccupante : seul 15 % des élèves bénéficiaient jusqu’ici de ces séances, alors qu’un tiers des jeunes de 12 ans a déjà été exposé à la pornographie, et que trois enfants par classe en moyenne sont concernés par les violences sexuelles et l’inceste. Rappelons aussi que loin de “pousser” les plus jeunes vers une sexualité prématurée, les chiffres rapportent que plus un enfant bénéficie d’une éducation affective de qualité, plus il ou elle repoussera son entrée dans la vue sexuelle.

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