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Un nouveau test du Starship rapproche SpaceX d’un tournant décisif

Le succès du dernier test de mise à feu statique du booster Super Heavy rapproche SpaceX de son 11e vol d’essai, qui devrait marquer la transition vers un nouveau modèle encore plus sophistiqué.

Après le succès récent de son Starship, qui a enfin validé son 10e vol d’essai pour sortir d’une série noire inquiétante, SpaceX accélère la cadence afin de continuer sur sa lancée.

Ce dimanche, le gigantesque booster Super Heavy, premier étage de la fusée Starship, a validé un nouveau test de mise à feu statique. Pendant une dizaine de secondes, il a fait rugir ses 33 moteurs sur le banc d’essai de la Starbase, dans le sud du Texas.

La procédure s’est apparemment bien déroulée; en tout cas, le booster n’a pas volé en éclats comme l’étage supérieur l’avait fait en juin dernier, avec pour conséquence de retarder considérablement ce fameux dixième vol d’essai.

Il s’agit aussi d’un signe avant-coureur tout sauf anodin. En effet, ces procédures de mise à feu statique, qui servent notamment à vérifier le bon fonctionnement des systèmes de propulsion, sont typiquement réalisées dans les semaines qui précèdent un lancement. Cela suggère donc que le 11e vol d’essai devrait arriver assez rapidement, et peut-être même avant la fin du mois. Le message est clair : SpaceX veut capitaliser sur sa bonne dynamique pour rattraper une partie du retard accumulé pendant la série noire qui a commencé avec le 7e vol d’essai, en janvier 2025.

Pour rappel, cette période a été marquée par l’introduction du Starship Block 2, nouvelle itération du véhicule. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ses débuts ont été tumultueux. Les 7e, 8e et 9e vols se sont terminés avec des explosions spectaculaires, symptomatiques du manque de maturité technique du nouveau modèle. Avant le 10e vol, l’étage supérieur avait même explosé lors d’un test de mise à feu sur son banc d’essai.

Heureusement, cette série noire a pris fin le 25 août dernier, lors d’un 10e vol d’essai rondement mené qui a remis l’entreprise sur la bonne voie. Du décollage à l’amerrissage en douceur dans l’océan Indien, en passant par la séparation, l’insertion en orbite, le déploiement de la charge utile et la rentrée atmosphérique, toutes les cases ont été cochées, montrant que le Starship Block 2 est capable de faire ce qu’on attend de lui. Tout l’enjeu, désormais, sera de montrer qu’il ne s’agissait pas d’un coup de chance, et que le véhicule pourra enchaîner un deuxième succès consécutif.

Paver la voie au Starship Block 3

C’est d’autant plus important que SpaceX s’approche d’un nouveau tournant décisif. En effet, ce 11e vol est censé être le dernier du Starship Block 2 ; s’il se déroule comme prévu, la firme prévoit de lancer la transition vers le futur modèle, le Block 3, lors du 12e vol.

Ce Starship Block 3, encore en construction aux dernières nouvelles, comporte plusieurs modifications très importantes. La première est une augmentation substantielle de sa taille, et par extension, de sa capacité en carburant. Les réservoirs vont être allongés de 18 mètres, ce qui lui permettra d’embarquer 800 tonnes d’ergols liquides supplémentaires.

Il sera également doté d’un élément crucial : un port d’amarrage. Il s’agit d’une fonctionnalité indispensable pour envisager des voyages longue distance. Comme tous les lanceurs, le Starship consomme la quasi-totalité de son carburant pour s’arracher à la gravité terrestre. Pour des missions ambitieuses, comme les voyages vers Mars, il faut remplir les réservoirs une fois en orbite à l’aide d’un second véhicule servant de citerne. Ce port d’amarrage permettra à terme ces transfusions vitales.

Mais la nouveauté la plus importante se trouve du côté du système de propulsion. Le Starship et son booster Super Heavy seront équipés d’une nouvelle génération de moteurs Raptor, dite V3. Ces derniers devraient offrir 20 à 30 % de poussée supplémentaire par rapport aux Raptor V2 utilisés sur le Block 2, avec tout ce que cela implique en termes de capacité de déploiement.

En outre, les informations disponibles suggèrent que le Raptor V3 bénéficiera d’une architecture largement simplifiée. Cela permettra d’économiser de la masse et de le rendre plus facile à maîtriser que ses prédécesseurs, qui avaientt posé de nombreux défis aux ingénieurs. Pour rappel, le développement du Raptor V2 avait été si chaotique que Musk lui-même avait parlé de “désastre”.

Les grands débuts du Starship Block 3 s’annoncent donc extrêmement intéressants. SpaceX va-t-elle réussir à assurer une transition en douceur entre les deux modèles ? Ou va-t-on assister à une nouvelle période de difficultés, avec tout ce que cela implique pour le calendrier déjà très en retard de la firme ?

Pour le savoir, il faudra déjà que le 11e vol se déroule sans incident ; dans le cas contraire, l’introduction de la troisième itération risque encore d’être repoussée, au grand dam de la NASA et des autres partenaires de SpaceX. Nous vous donnons donc rendez-vous d’ici quelques semaines pour cet essai crucial qui conditionnera une grande partie de la feuille de route de la firme.

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