Après des mois de galère, le Starship de SpaceX renoue enfin avec le succès au terme d’un dixième vol d’essai bien négocié, mettant fin à la série noire du nouveau modèle.
Après deux reports consécutifs ces derniers jours, l’immense fusée s’est enfin élancée à 00h30 ce 27 juillet depuis le Texas pour un vol sous haute tension. L’étage supérieur, le Starship lui-même, était particulièrement attendu au tournant. Cette nouvelle version, dite Block 2, n’avait jusqu’alors réussi aucun de ses vols d’essai. Elle restait même sur une série de quatre accidents consécutifs depuis son introduction — trois explosions aériennes lors des 7ᵉ, 8ᵉ et 9ᵉ vols, et une au sol lors d’un test de mise à feu.
Cette nuit, l’engin s’est enfin exécuté sans faire de caprices, validant ses objectifs les uns après les autres. Après une ascension calme et une séparation sans incident notable, le Starship a déployé avec succès huit simulateurs de satellites Starlink sur leur orbite de destination. C’est la première fois qu’il déploie ainsi une charge utile dans l’espace. Peu après, il a également procédé à un test de rallumage d’un moteur Raptor dans l’espace, le deuxième de son histoire.
Le Starship a eu chaud
La deuxième partie de la mission, en revanche, a été plus mouvementée. Malgré ses déboires récents, SpaceX n’avait pas prévu d’épargner son protégé : les ingénieurs avaient retiré plusieurs tuiles de protection thermique. L’objectif était d’étudier la résistance des zones les plus vulnérables, en prévision de futures missions où le Starship pourrait embarquer des charges utiles bien plus précieuses, voire des humains.
Les conséquences de ces concessions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs éléments du fuselage se sont rapidement mis à briller, chauffés à blanc par la friction avec l’atmosphère. Deux minutes après le début de la rentrée, alors que la température dépassait allègrement les 1000 °C, une partie de la jupe a été arrachée, laissant derrière elle un nuage de débris qui n’augurait rien de bon.

Un succès salvateur
Malgré tout, le Starship est finalement arrivé en assez bon état pour effectuer sa dernière mise à feu, lui permettant d’atteindre (presque) délicatement sa destination dans l’océan Indien. Il l’a même fait avec une précision remarquable, puisqu’il s’est posé dans le champ de vision d’une bouée équipée d’une caméra installée à proximité… qui a pu enregistrer son explosion après une ultime cabriole aquatique.
Au bout du compte, la mission n’était donc pas parfait – mais il s’agit tout de même d’un franc succès pour le Starship Block 2, qui est enfin arrivé au bout d’une mission sans incident majeur.
SpaceX en avait désespérément besoin dans le contexte actuel. Désormais, tout l’enjeu sera de confirmer ce retour en forme lors du 11ᵉ vol. Connaissant SpaceX et Elon Musk, il sera sans doute encore plus ambitieux que les précédents. Rendez-vous dans quelques semaines, une fois que les ingénieurs auront analysé les données, pour connaître la suite du programme.
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