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Dead End : c’est quoi cette série animée qu’Elon Musk aimerait faire interdire ?

La série Netflix a créé la polémique cette semaine, en tombant dans le viseur de l’homme d’affaires.

Ce n’est un secret pour personne : Elon Musk ne porte pas la communauté LGBTQIA+ dans son cœur. Après s’être publiquement attaqué à sa fille transgenre, aux wokes et aux femmes de manière générale, le patron de SpaceX et Tesla a un nouveau cheval de bataille. Hier, il a appelé ses 227 millions d’abonnés sur X à quitter Netlix, accusant la plateforme de promouvoir une “idéologie trans” auprès des enfants.

Dead End au cœur de la tempête

Dans le collimateur de Musk, on retrouve la série animée Dead End : Paranormal Park, diffusée en 2022, avant d’être annulée par la plateforme en 2023. Adaptée des romans graphiques du Britannique Hamish Steele, cette comédie d’aventure surnaturelle suit les péripéties de Barney Guttman, un adolescent de 17 ans, et de Norma Khan, une jeune fille pakistano-américaine, qui travaillent dans un parc d’attractions hanté. Le programme, classé TV-Y7 (adapté aux enfants de 7 ans et plus), mélange horreur légère, comédie, et (au grand dam d’Elon Musk) inclusivité assumée.

La controverse est apparue récemment, alors que des extraits de la série sont devenus viraux sur les réseaux sociaux, notamment dans les sphères conservatrices. Un particulièrement, issu du deuxième épisode de la saison 1, met en scène le coming-out transgenre de Barney, alors que le héros se confie à Norma : “Tout le monde à l’école le sait, et tout le monde à la maison sait… et être ici, c’est comme un tout nouvel endroit. Je peux simplement être Barney, et je peux choisir si et quand je le dis“.

Au-delà de la transidentité de Barney, qui est d’ailleurs interprété en VO par l’acteur trans Zach Barack, Dead End représente à peu près tout ce que Musk déteste : Norma est métissée et autiste, tandis que la série questionne tour à tour les questions d’appartenance, d’amour fraternel et familial, ou encore de tolérance. Diffusée en deux saisons et 20 épisodes, la série avait déjà suscité des critiques de la part de sénateurs républicains en 2022.

Au cœur de la polémique, c’est le créateur Hamish Steele qui cristallise les critiques. Le réalisateur britannique de 34 ans, qui a travaillé pour la BBC, Cartoon Network et Disney, a été accusé d’avoir célébré la mort de Charlie Kirk sur les réseaux sociaux. Des accusations impossibles à vérifier, et que le principal intéressé nie en bloc.

3 raisons de regarder la série qu’Elon Musk déteste

L’offensive d’Elon Musk s’inscrit dans une vaste guerre culturelle menée par le milliardaire depuis plusieurs années contre ce qu’il qualifie de “virus woke“. Au-delà de Dead End, Musk fustige aussi les rapports diversité de la plateforme, qui indiquent que 71,4% des séries Netflix avaient un rôle principal issu de minorités en 2023. D’autres productions originales de la plateforme, comme la série pour tout-petits Cocomelon montrant des familles homoparentales sont également dans le viseur de l’homme d’affaires.

Si l’affaire ne vous avait pas déjà convaincu de regarder Dead End, la série d’Hamish Steele mérite pourtant qu’on s’y intéresse de près. Visuellement, le programme de Netflix puise dans l’héritage des grands classiques de l’animation jeunesse tout en créant sa propre identité. Les critiques rapprochent souvent la série de Gravity Falls, Adventure Time ou Steven Universe, et c’est n’est pas rien, tant ces dernières sont devenues des références incontournables du genre. Au-delà de son originalité esthétique et narrative, la série questionne, expérimente et joue avec les codes, en proposant notamment un épisode musical de très haut vol à la fin de sa première saison.

Au-delà de la polémique, la série a été nommée aux Annie Awards et aux Daytime Emmy Awards, prestigieuses récompenses de l’industrie de l’animation. Des nominations qui témoignent de la reconnaissance professionnelle du travail de Steele et de son équipe. Les personnages sont profonds et travaillés, les doublages réussis et la musique entraînante… c’est créatif, beau et bien écrit.

Enfin, et parce que c’est effectivement le plus important, la série fait la part belle aux marginalisés, qu’ils soient queers ou neuroatypiques. Si les conservateurs crient au scandale, on rappelle que la représentation dans la pop culture fait partie intégrante de la construction identitaire et sociale chez les jeunes (et les moins jeunes). Montrer des histoires différentes, sans en fait un prétexte pour rogner sur la qualité narrative, ça fait du bien.

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