Le constat ne laisse place à aucune ambiguïté : le Cybertruck « s’écarte significativement » des réglementations européennes, selon les services de douanes de l’US Army. Son châssis en acier inoxydable rigide, aux arêtes tranchantes, va à l’encontre des normes de sécurité exigées par Bruxelles. Celles-ci imposent notamment des carrosseries capables d’absorber les chocs, des zones de déformation et des bords arrondis pour réduire la gravité des accidents qui impliquent les piétons, les cyclistes et les motocyclistes.
Le Cybertruck, c’est non pour Berlin
Autre obstacle, le poids de l’engin : dans sa configuration actuelle, le pickup dépasse les 3,5 tonnes. Les règles européennes imposent alors l’ajout d’un limiteur de vitesse, absent du modèle de Tesla. Résultat : aucune chance d’obtenir le « type-approval » qui conditionne l’autorisation de mise en circulation dans l’UE.
« Le Cybertruck n’a pas d’homologation en Europe en raison de préoccupations majeures de sécurité », précise l’avis publié par les services de l’US Army. L’armée américaine avait bien tenté d’obtenir une dérogation spéciale pour ses soldats stationnés en Allemagne. Mais le ministère allemand des Transports a rejeté la demande : « Le Tesla Cybertruck ne se contente pas de manquer les exigences légales européennes, il s’en écarte de manière significative », a tranché Berlin. Même une homologation individuelle, parfois accordée au cas par cas, est jugée impossible.
Au-delà des normes techniques, les autorités soulignent un problème supplémentaire : la silhouette spectaculaire du Cybertruck, trop reconnaissable, irait à l’encontre des plaques spéciales destinées à protéger l’anonymat du personnel américain circulant en Europe. Pour le dire très clairement, le monstre de Tesla ne roulera pas sur les routes européennes. Les militaires qui tenteraient tout de même de l’importer seraient contraints de le renvoyer à leurs frais vers les États-Unis.
Cette interdiction intervient alors que le Cybertruck ne connaît déjà pas le succès espéré aux États-Unis. Depuis son lancement, les ventes restent loin des ambitions initiales de Tesla, et le pickup peine à convaincre au-delà d’un cercle de passionnés. Son prix élevé, ses contraintes techniques et un design pour le moins clivant freinent son adoption. Le blocage européen s’ajoute donc à une série de déconvenues qui fragilisent encore l’avenir de ce modèle emblématique.
Ce n’est pas la première fois qu’un véhicule américain se heurte aux barrières réglementaires de l’UE. Les pickups et SUV venus d’outre-Atlantique doivent souvent être adaptés – qu’il s’agisse d’émissions, de poids ou d’équipements de sécurité. Mais l’ampleur des modifications nécessaires pour le Cybertruck rend l’opération irréaliste.
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