À quelques semaines de la sortie d’Avatar : de feu et de cendres, James Cameron débute sa tournée promotionnelle et s’invite sur les plateaux. Chez Matthew Belloni, journaliste américain et créateur du podcast The Town, il a livré son sentiment sur l’état de l’industrie cinématographique. La vente de Warner Bros ou les Oscars, Netflix en a pris pour son grade. Le papa de Titanic et Terminator, fervent défenseur des salles, fustige la plateforme américaine pour ses méthodes.
À quelques mois de la cérémonie qui doit récompenser le meilleur du cinéma en 2025, et alors que Frankenstein est dans la liste des favoris pour le titre de meilleur film, Cameron s’indigne sur l’éventuelle participation et victoire d’un film diffusé majoritairement sur les plateformes. Il rejoint la liste des metteurs en scène invitant l’Académie à revoir ses règles pour protéger l’expérience en salles. Steven Spielberg avait déjà attaqué la firme sur ce même point en 2019.
“Pourri jusqu’à la moelle”
Steven Spielberg fait référence au règlement de l’Académie, qui veut que chaque film en compétition ait profité d’une exploitation d’au moins 7 jours consécutifs dans des cinémas éligibles. Cette sortie doit intervenir avant une éventuelle mise à disposition via le streaming par abonnement. Netflix, qui veut ajouter quelques statuettes à sa collection, démocratise donc ce format d’une sortie au cinéma pour une semaine avec ses productions les “premium”.
Frankenstein a profité d’une exploitation du genre avant son arrivée sur le N rouge en novembre. Wake Up Dead Man : une histoire à couteaux tirés est accessible dès ce mercredi 26 novembre aux États-Unis et le restera pendant une semaine avant l’arrivée du film sur Netflix pour tout le mode le 12 décembre.
“C’est un appât, non ? ‘Nous allons sortir le film pendant une semaine ou dix jours. Nous serons éligibles aux Oscars.’ Je pense que ce système est fondamentalement pourri jusqu’à la moelle. Un film doit être conçu pour être destiné aux salles de cinéma, et les Oscars n’ont aucun sens pour moi s’ils ne considèrent pas les salles de cinéma. Je pense qu’ils ont été récupérés, et je trouve ça horrible”.
Pour James Cameron, l’Académie des Oscars devrait se montrer plus sévère et permettre aux salles obscures d’occuper une place plus importante dans la stratégie des plateformes. “Ils devraient être autorisés à concourir si le film sort dans 2 000 salles pendant un mois”. Il a tenu à rappeler que son film serait projeté dans plus de 75 000 salles rien qu’aux États-Unis. Avatar : de feu et de cendres devrait d’ailleurs occuper une place importante de la programmation des cinémas américains et français en décembre et janvier prochain.
Netflix n’aime pas le cinéma ?
Si le N rouge se targue d’avoir collaboré avec de grands noms du 7e art, sa stratégie pose de nombreuses questions. C’est particulièrement vrai à l’heure où l’entreprise envisage de racheter Warner Bros. Discovery, ou du moins ses actifs consacrés au cinéma et au streaming (Warner Bros et HBO Max). Dans son argumentaire, Netflix s’est dite prête à honorer les engagements pris par Warner Bros concernant les sorties au cinéma. Concrètement, tous les films en développement ne seront pas basculés sur Netflix à la dernière minute.
Un plaidoyer qui ne convainc pas vraiment James Cameron. Si Netflix venait à racheter Warner Bros, ce serait selon lui “un désastre. Désolé Ted (Sarandos, PDG de Netflix), mais bon sang. Il a dit publiquement que le cinéma était mort. Je cite : ‘Le cinéma est mort’. Warner Bros deviendrait juste un service de streaming. Là, vous perdez un géant”.
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