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Starlink vs Amazon Leo, la guerre est déclarée pour l’Internet par satellite à 1 Gb/s !

Lorsque Starlink a imposé son modèle d’internet par satellite bas-orbite, beaucoup y ont vu un quasi-monopole technologique voué à durer. Cette situation est peut-être en train de basculer puisqu’Amazon vient d’accélérer brutalement son projet spatial désormais rebaptisé Amazon Leo.

Longtemps Amazon a gardé son projet Leo plus ou moins secret, mais ces dernières semaines les annonces se sont enchaînées, dessinant les contours d’un acteur qui passe enfin du statut de promesse à celui de concurrent sérieux. Son ambition a clairement évoluée, et la géant du e-commerce veut maintenant offrir une connexion par satellite pouvant atteindre 1 Gb/s ! Une performance qui place directement l’entreprise de Jeff Bezos dans la course face à Elon Musk.

Un rebranding qui marque une nouvelle phase

Longtemps connu sous le nom de Project Kuiper, le programme satellite d’Amazon s’appelle désormais Amazon Leo. Un nom plus lisible, plus marketing, et surtout plus cohérent avec son architecture en orbite basse (Low Earth Orbit). Ce rebranding n’est pas un simple lifting, il marque l’entrée dans une phase commerciale plus agressive.

Jusqu’ici, Kuiper évoluait dans un registre de tests, de démonstrateurs techniques et de lancements par salves. Désormais, Amazon communique comme un opérateur, avec un calendrier, une offre, et même une gamme d’antennes prêtes à être déployées auprès des entreprises et, plus tard, du grand public.

Leo Ultra, l’offre à 1 Gb/s

La pièce maîtresse de cette montée en gamme est une antenne haut de performance baptisée Leo Ultra. Présentée comme l’antenne satellite commerciale la plus rapide au monde, elle offrirait des débits pouvant atteindre 1 Gb/s en téléchargement et environ 400 Mb/s en émission.

Ce modèle n’est pas destiné au particulier lambda, mais aux entreprises, aux infrastructures critiques et aux organisations gouvernementales. Amazon veut ainsi occuper des segments professionnels que Starlink a déjà bien investis, notamment avec son offre Starlink Business et Starlink Maritime. Derrière cette annonce, Amazon montre surtout qu’il maîtrise désormais la partie la plus complexe de la chaîne, la communication terminal-sol, véritable nerf de la guerre dans l’internet spatial.

Un lancement commercial prévu dès fin 2025

Selon plusieurs sources industrielles, Amazon prévoit un déploiement progressif dès fin 2025, avec des premiers marchés ciblés : États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne… et France !

C’est précisément là que l’entreprise vient de rencontrer un premier obstacle. Reuters rapporte qu’un syndicat a déposé un recours contre la licence de fréquences accordée par l’ARCEP, estimant que la consultation publique aurait été insuffisante. Rien qui bloque définitivement le projet, mais une procédure qui pourrait ralentir son arrivée sur le territoire. La France figure pourtant bien dans les pays à fort potentiel avec des zones rurales mal desservies, des besoins professionnels en sites isolés, et des infrastructures publiques parfois difficiles à connecter.

Quel intérêt pour les utilisateurs ?

Pour l’instant, l’annonce du gigabit concerne principalement les entreprises comme indiqué, mais Amazon prévoit plusieurs gammes d’antennes plus compactes. Les tarifs n’ont pas été dévoilés. Toutefois, l’entreprise pourrait jouer l’effet de levier de son écosystème : distribution via Amazon et pourquoi l’abonnement Prime, offres couplées avec AWS, gestion réseau optimisée par ses infrastructures cloud.

Si la concurrence devient réellement frontale, cela pourrait entraîner :

  • une baisse des prix des abonnements satellites
  • un meilleur accès dans les zones rurales
  • une diversification des offres (familles, pros, IoT)
  • une accélération des innovations en matière de latence et de débits

Pour le grand public, la perspective d’un duel Amazon/Starlink est synonyme d’un marché beaucoup moins fermé qu’aujourd’hui.

Une constellation massive pour affronter Starlink

Amazon Leo repose sur une constellation de plusieurs milliers de satellites en orbite basse. Plus les satellites sont nombreux, plus les temps de latence diminuent et plus la bande passante disponible augmente. Le principe est connu, c’est exactement ce qui a permis à Starlink de prendre de l’avance.

La bataille à venir se jouera autant sur la technologie que sur le volume. Starlink compte plus de 6 000 satellites en activité. Amazon est encore loin de ces chiffres, mais les premiers lancements ont démontré des performances proches des prévisions, ce qui donne du crédit au projet.

En parallèle, Amazon doit composer avec l’émergence d’autres acteurs : IRIS² côté européen, Eutelsat OneWeb dans sa nouvelle phase commerciale, et même Rivada, qui prépare aussi sa constellation.

Mais l’enjeu n’est pas seulement commercial, il est aussi géopolitique. Les constellations en orbite basse deviennent des infrastructures stratégiques, capables d’alimenter les télécommunications, les transports, les opérations militaires ou l’économie cloud.

Starlink l’a largement démontré ces dernières années, parfois au cœur de tensions diplomatiques. Amazon, fort de son influence sur le marché du cloud, pourrait proposer une intégration entre communications spatiales et services AWS, un atout colossal pour les entreprises et les États.

Dans cette perspective, Amazon Leo ne vient pas simplement concurrencer Starlink. Il vient rééquilibrer un marché où l’hégémonie d’un acteur pouvait commencer à inquiéter. Si les promesses sont tenues, la bataille entre Amazon Leo et Starlink pourrait être l’une des plus importantes de la décennie dans le domaine des télécoms !

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