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Consternation aux États-Unis : le CDC remet une pièce dans la machine antivax

C’est la consternation dans les milieux scientifiques et médicaux. Le CDC, l’agence fédérale chargée de la prévention des maladies et de la santé publique aux États-Unis, établit un lien possible entre vaccins et autisme. Un argument classique des antivax, démonté encore et encore par l’ensemble des travaux scientifiques crédibles.

La réécriture il y a quelques jours de la page du site web du CDC consacrée au lien entre vaccins et autisme a pris de court les équipes scientifiques de l’agence. Les premiers paragraphes laissent désormais entendre qu’il serait impossible de « prouver » que les vaccins ne causent pas l’autisme, et ajoutent que des études ne permettraient pas d’exclure un lien potentiel.

La volte-face incompréhensible du CDC

Une formulation typique des arguments antivax, et régulièrement dénoncée par les experts. Depuis plus de vingt ans, ce consensus ne bouge pas : vaccins et autisme n’ont aucun lien de cause à effet. Un des travaux les plus solides à ce sujet, publié en 2019, a suivi plus de 650.000 enfants au Danemark ; aucune différence de risque n’a été observée entre ceux ayant reçu le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et les autres. « Cette étude soutient fortement que le vaccin ROR n’augmente pas le risque d’autisme », concluaient les auteurs. Mais ce travail n’apparaît pas dans la nouvelle présentation du CDC.

À la place, la page s’attarde sur des études anciennes, évoque l’aluminium utilisé comme adjuvant et suggère que des données « exigent des recherches supplémentaires », alors même qu’une autre étude danoise publiée cette année exclut tout lien entre aluminium vaccinal et cinquante troubles différents, dont l’autisme. Le site mentionne également une évaluation gouvernementale des « causes plausibles » de l’autisme, une démarche jugée inutile par les spécialistes qui rappellent que les causes génétiques sont, de très loin, les plus documentées.

La modification de la page suscite évidemment un tollé auprès de la communauté scientifique, qui parle de désinformation. L’ancien directeur du centre vaccins du CDC, Demetre Daskalakis, parle sur CNN d’une « honte nationale » et affirme que les équipes internes ont été « totalement prises au dépourvu ».

La dimension politique du dossier apparaît clairement dans le discret astérisque placé sous le titre de la page, où l’on peut lire que l’expression « Les vaccins ne causent pas l’autisme » est maintenue en vertu d’un engagement passé avec le Sénat. Le pied de page fait référence à un accord conclu entre Robert F. Kennedy Jr., désormais secrétaire à la Santé, et le sénateur Bill Cassidy, médecin de formation. Ce dernier a immédiatement réagi : « Les parents doivent entendre que les vaccins contre la rougeole, la polio ou l’hépatite B sont sûrs et efficaces. Toute affirmation contraire est irresponsable et rend les Américains plus malades. »

Pendant ce temps, la baisse de la couverture vaccinale infantile provoque déjà le retour de maladies évitables, comme la rougeole. Les équipes du CDC chargées de la riposte craignent désormais que les États-Unis perdent leur statut de pays exempt de transmission — et leur crédibilité.

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