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Pornographie en ligne : pourquoi la loi SREN met les travailleuses du sexe en danger ?

En quelques mois, nombre de travailleuses du sexe en ligne ont vu leurs revenus chuter. En cause, l’adoption de la loi SREN qui fait peser de nouvelles obligations sur les consommateurs.

Sur le papier, le contenu adulte numérique est en plein essor : le marché mondial est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars et devrait quasiment doubler d’ici 2030, porté par les abonnements et les plateformes payantes. Face au départ précipité de Pornhub en France, OnlyFans et consorts ont longtemps été considérés comme les nouveaux eldorados du sexe en ligne. Il faut dire que malgré une commission exorbitante prélevée par les sites, ces derniers avaient l’avantage de laisser le champ libre aux créateurs et aux créatrices de contenu, avec la promesse d’une indépendance quasi-totale.

La réalité n’est pas aussi rose, analyse une enquête récente publiée par Libération. Depuis la mise en application de la loi SREN (Sécurité et Régulation de l’Espace Numérique), les affaires vont mal, même sur OnlyFans et Mym. Il faut dire que les internautes n’ont plus seulement l’obligation de payer un abonnement (ce qui a longtemps été perçu comme une “preuve” suffisante de majorité”) : ils doivent aussi s’authentifier à chaque ouverture de la plateforme grâce à un selfie ou un document d’identité.

C’est quoi la loi SREN ?

La loi SREN, promulguée le 21 mai 2024, vise à sécuriser et réguler l’espace numérique en transposant les règlements européens DSA, DMA et DGA dans le droit français. Elle protège les utilisateurs, surtout les mineurs, en imposant aux sites pornographiques une vérification d’âge stricte, sous peine d’amendes ou de blocage.​ En cas de signalement (notamment pédopornographiques), les hébergeurs doivent effacer en 24 heures les contenus, faute de quoi ils en deviennent pénalement responsables.

Pour les travailleuses et les travailleurs du sexe en ligne, cette nouvelle obligation qui pèse sur les internautes a fait l’effet d’une onde de choc. Déjà marqué par une économie fragile et des revenus inégaux, le métier doit désormais compter sur la désertion de certains clients, mal à l’aise à l’idée de s’identifier légalement à chaque nouvelle connexion. Ajoutez à cela l’explosion de la concurrence, et la course au buzz, à l’image de la créatrice américaine Bonnie Blue, qui réalisait la “performance” de coucher avec 1000 hommes en 12 heures, et la guerre à la visibilité se transforme en terrain miné.

Face à la chute de leurs revenus, de plus en plus de travailleuses du sexe en ligne sont contraintes de diversifier leurs activités, en s’imposant comme des créatrices de contenu plus classiques, à l’image de la Française Khalamité, qui compte près de 560 000 abonnés sur son compte Instagram, où elle partage des pans (non explicites) de sa vie professionnelle et personnelle.

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