L’annonce a de quoi faire grincer des dents. Lors d’une récente conférence avec les investisseurs, Gregory Peters, co-PDG de Netflix, a lâché une petite bombe : la branche gaming de Warner n’a strictement aucune valeur dans leurs calculs. « On n’a attribué aucune valeur à ça dès le départ parce que c’est relativement mineur comparé à l’ensemble du deal », a-t-il déclaré sans sourciller.
Attendez une seconde. On parle quand même de la division qui a pondu Hogwarts Legacy, le jeu le plus vendu de 2023 aux États-Unis avec 34 millions d’exemplaires écoulés. Un carton qui a généré des milliards de dollars et surpassé Call of Duty et FIFA cette année-là. Sans oublier les franchises Arkham, Mortal Kombat, et tous les jeux LEGO qui font rentrer du cash depuis des années. Alors qualifier tout ça de « mineur », il fallait quand même oser.
Certes, Warner Bros Games a connu des ratés spectaculaires récemment. MultiVersus et Suicide Squad : Kill the Justice League ont fait un flop monumental et plusieurs studios talentueux ont fermé leurs portes. Mais de là à considérer toute la division comme quantité négligeable dans un deal de 83 milliards, il y a un fossé.
Le passé gaming catastrophique de Netflix
Pour comprendre cette position, il faut regarder le parcours de Netflix dans le jeu vidéo et spoiler, c’est pas glorieux. Le géant du streaming s’est lancé dans les jeux mobiles en 2021 avec des ambitions démesurées, avant de déchanter rapidement. Seulement 1 % des abonnés ont touché aux jeux proposés. Un échec cuisant malgré une offre gratuite et sans publicité.
Netflix a ensuite tenté sa chance avec un studio AAA baptisé Team Blue, recruté des pointures de chez Microsoft, Sony et Activision Blizzard… pour finalement tout fermer avant même d’avoir sorti un seul jeu. Ces derniers mois, la plateforme a supprimé une vingtaine de titres de qualité de son catalogue, dont Hades et la trilogie Monument Valley, pour se recentrer uniquement sur le mobile casual.
Cette stratégie désastreuse explique pourquoi Peters semble si détaché du potentiel gaming de Warner. « Certaines de leurs propriétés comme Hogwarts ont super bien marché et on pense pouvoir les intégrer à ce qu’on propose ». De là à voir la suite se développer, il a quand même un fossé.
Des studios prestigieux dans le flou
Les conséquences pour les développeurs de Warner sont inquiétantes. Rocksteady (Batman Arkham), NetherRealm (Mortal Kombat), Avalanche Software (Hogwarts Legacy), TT Games (jeux LEGO)… tous ces studios se retrouvent dans l’incertitude totale. Netflix n’a « pas intégré ça dans leur modèle économique », selon les propres mots de Peters.
Avec l’orientation mobile-only de Netflix, difficile d’imaginer une suite à la série Arkham ou de nouveaux projets ambitieux. Les franchises Shadow of Mordor, FEAR et autres perles signées Monolith semblent définitivement enterrées. Seules les licences facilement exploitables sur mobile semblent avoir une chance de survie.
Pour l’instant, le deal n’est pas finalisé. Paramount Skydance a lancé une contre-offre à 108 milliards de dollars, puis les régulateurs américains et européens vont examiner l’opération de près. Mais si Netflix met la main sur Warner, les fans de jeux vidéo AAA ont du souci à se faire.
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