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Après Pornhub et Youporn, cinq sites pornographiques sont à nouveau menacés de blocage en France

L’Arcom met en demeure cinq sites pornographiques européens de renforcer leurs dispositifs de vérification de l’âge.

On les aurait presque oubliés, et pourtant. Depuis déjà plusieurs semaines, plusieurs gros sites pornographiques ont été bloqués en France. Face à la pression de la loi SREN et des autorités locales, le géant Aylo, détenteur des plateformes Pornhub, Redtube et Youporn (entre autres) a fait le choix de couper ses accès depuis le territoire français. Si beaucoup ont pensé qu’il s’agissait-là d’une première application de la règlementation française, c’est bien l’entreprise américaine qui est à l’origine de cette décision. Plutôt que de se conformer aux exigences communes de la CNIL et de l’Arcom, Aylo préfère quitter le pays, sur fond de protection de la vie privée. L’entreprise réclame désormais une vérification au niveau de l’appareil (Google, Apple et Microsoft ayant, selon eux, la capacité d’intégrer un tel système).

Cette fois, c’est la sanction

Ce 4 août 2025, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique a mis formellement en demeure cinq poids lourds européens du secteur pornographique – xHamster, Xvidéos, Xnxx, xHamsterLive et TNAFlix – de mettre en œuvre, sous trois semaines, une vérification d’âge jugée efficace, sous peine de blocage imminent sur le territoire français.

Cette offensive ne relève pas d’un simple effet d’annonce. À la suite de l’adoption de la loi SREN, tout site diffusant des contenus pornographiques doit mettre en place un système robuste de contrôle de majorité. La déclaration sur l’honneur ne suffit plus : désormais, il s’agit d’imposer l’envoi d’une pièce d’identité, d’une photo ou d’un selfie vidéo, solutions validées par le référentiel technique de l’Arcom. Ces dispositifs, censés garantir le double anonymat, permettent au fournisseur d’accès de vérifier l’identité de l’internaute, tandis que le site consulté ne recueille que l’âge, sans enregistrement d’autres données sensibles.

Derrière cette évolution réglementaire, la volonté affichée des pouvoirs publics est claire : endiguer l’accès massif des mineurs aux sites X — un adolescent sur deux consulterait régulièrement de tels contenus, selon l’Arcom. Passées ces trois semaines de délai, le gendarme du numérique pourra non seulement demander aux fournisseurs d’accès de bloquer l’accès à ces sites, mais aussi procéder à leur déréférencement des moteurs de recherche, mesures jusqu’ici rarement appliquées à cette échelle.

Une sanction européenne

La bataille réglementaire se joue aussi à échelle continentale. Si la France a décidé d’aller significativement plus loin que nombre de ses voisins, l’application de ses mesures aux sites européens relève d’un défi complexe. L’arrêté ministériel du 26 février 2025 prévoit l’extension de la compétence de l’Arcom à certains sites hors des frontières, avec la perspective de saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur d’éventuels différends.

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