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Ultra rapide, ultra performant : à quoi sert le nouveau réseau internet chinois CENI ?

Transférer en quelques minutes des volumes de données colossaux, entraîner des intelligences artificielles plus vite, tester l’Internet de demain sans perturber le réseau grand public : le nouveau réseau internet chinois répond à des usages très concrets.

Pour comprendre ce qu’est le China Environment for Network Innovation (CENI), il faut d’abord parler d’usages. Lors de tests récents, le réseau a permis de transférer 72 téraoctets de données en 1,6 heure sur près de 1.000 kilomètres, entre un radiotélescope situé dans la province chinoise du Guizhou et une université du Hubei. Dit autrement : des volumes équivalents à plusieurs dizaines de milliers de films en haute définition déplacés à très grande vitesse, sur une longue distance, de façon stable.

Un « Internet de laboratoire » à l’échelle d’un pays

Ce type de performance a des applications immédiates. En astronomie, par exemple, les radiotélescopes produisent des masses de données qu’il faut analyser rapidement pour détecter des phénomènes rares. En intelligence artificielle, déplacer vite et efficacement d’immenses corpus de données est devenu un enjeu central pour l’entraînement et l’exploitation des modèles. Selon les informations rendues publiques par Pékin, Baidu a déjà utilisé le réseau pour améliorer l’efficacité de ses flux de données liés à l’IA.

CENI sert aussi à tester de nouvelles façons de faire circuler l’information sur Internet : nouveaux protocoles, architectures alternatives, ou services numériques conçus pour fonctionner à très grande échelle. Le tout sans risquer de perturber l’Internet du quotidien, celui utilisé par les particuliers et les entreprises. Officiellement certifié par les autorités chinoises, le CENI est le résultat de plus de dix ans de travaux. Le réseau relie aujourd’hui 40 villes chinoises grâce à plus de 55.000 kilomètres de fibre optique. Il peut héberger jusqu’à 128 réseaux hétérogènes distincts et mener plus de 4.000 tests en parallèle.

Ce type d’infrastructure n’est pas une nouveauté en soi. Les États-Unis ont longtemps disposé de réseaux de recherche comparables, comme ARPANET, à l’origine d’Internet. La différence, soulignée lors d’une présentation internationale de CENI en novembre dernier, tient à l’ampleur du projet et à sa vocation actuelle : là où les réseaux occidentaux historiques ont été démantelés ou remplacés, la Chine investit massivement dans une plateforme unique, centralisée et toujours en expansion.

La Chine veut développer des technologies réseau avec cinq à dix ans d’avance sur l’industrie. Des groupes comme Huawei y testent déjà leurs solutions, en profitant d’un environnement contrôlé pour expérimenter sans les contraintes commerciales habituelles. Les documents de présentation du réseau mentionnent le rôle du nouveau réseau dans le développement et la vérification de technologies de cybersécurité pour ne pas se retrouver au dépourvu.

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Source : The Register

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