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Blocage d’IPTV pirates : cette mesure choc ne porte pas ses fruits

Deux IPTV majeures viennent d’être bloquées. Les effets de cette mesure choc sont néanmoins limités et posent des questions éthiques.

Une opération d’envergure vient d’être menée à l’encontre d’un réseau d’IPTV populaire. En Argentine, les utilisateurs des offres illicites XuperTV et MagisTV ont constaté dès le 10 février que les services étaient inaccessibles. Un message d’erreur s’affiche :

“En raison des restrictions de politique, ce compte ne peut être utilisé dans votre région. Veuillez contacter votre détaillant”.

La méthode employée est aussi radicale qu’elle est controversée. Elle ne repose pas que sur le blocage des domaines auprès des fournisseurs d’accès. Le tribunal a aussi exhorté Google de désinstaller les applications MagisTV de tous les appareils Android disposant d’une adresse IP argentine.

Une mesure controversée…

Comme le rapporte Torrent Freak, on ignore pour le moment si Google s’est conformé aux injonctions du tribunal argentin. Pour qu’elle puisse le faire, il lui faudrait intervenir directement sur les appareils des utilisateurs.

Outre cette difficulté technique, cette opération soulève de nombreuses problématiques notamment concernant la liberté d’usage d’un bien personnel.

… et inefficace ?

Si ce blocage a découragé certains clients, d’autres ont déjà trouvé un moyen de contourner les restrictions. C’est du moins la conclusion que l’on peut tirer après la publication d’un rapport de Proton VPN. Sur X le 10 février, date à laquelle les clients ont fait état de premiers dysfonctionnements sur les applications concernées par le blocage, la demande pour des VPN dans le pays a bondi.

Sur les réseaux sociaux toujours, les utilisateurs partagent leurs astuces pour continuer d’accéder à Magis TV et Xuper TV. Elles consistent essentiellement à se connecter grâce à un VPN depuis un pays où le blocage n’a pas eu lieu.

La nécessité d’une lutte mondiale

L’affaire rappelle la nécessité pour les autorités mondiales de s’organiser pour bloquer d’un même geste les IPTV sur tous les territoires. Rien qu’en Europe, selon une étude de 2022 menée par l’université de Bournemouth, le nombre de consommateurs de services IPTV pirates atteint 17,1 millions. C’est 4,5% de la population de l’Union européenne et du Royaume-Uni.

Le manque à gagner pour les offres payantes légales atteindrait 3,21 milliards d’euros, tandis que les opérateurs capteraient 1,06 milliard d’euros de revenus. En Union européenne, des actions conjointes sont menées, mais elles ne suffisent pas.

L’attractivité comme levier

Le bilan 2023 de l’Arcom mentionne aussi un autre levier de la lutte contre le piratage à l’échelle française et mondiale : l’attractivité des offres légales. 70% des consommateurs de contenus audiovisuels illicites (hors sport) seraient prêts à se reporter sur des supports licites en 2023. Ce chiffre est en hausse par rapport à 2019 (53%).

En France, les offres gratuites, mais supportées par la publicité, ont fait une entrée fracassante en 2023 avec les lancements de TF1+ et M6+. Dans le même temps, les entreprises sont à la recherche de nouveaux modèles, comme les micropaiements qui ont fait leur apparition en septembre 2025 sur TF1+.

Ils permettent aux détenteurs d’un abonnement gratuit de payer pour certains contenus inaccessibles sans forfait. Il est aussi possible de profiter de soirée “sans pub”. Le rapprochement de Warner Bros et Netflix, s’il se concrétise, sera également une opportunité pour que les deux entités repensent leurs offres pour créer, par exemple, un bundle plus attractif financièrement. La lutte contre les IPTV pirate se mène sur plusieurs fronts et les institutions mondiales vont devoir se coopérer

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