On n’en avait pas parlé à l’époque parce qu’en vérité, on a eu juste la grosse flippe de le voir dans une salle obscure, alors on profite de sa sortie sur Netflix – et surtout de sa quatrième place dans le top 10 – pour rattraper The Monkey. Parce qu’on est des bonshommes, des vrais, et qu’il n’y a aucune honte à regarder un film d’horreur sur un petit écran et en plein jour, avec notre bol de flocons d’avoine à l’eau chaude.
The Monkey est aussi en blu-ray
De l’efficace Primate à la terrifiante Planète des singes de Tim Burton, le mammifère aux pouces opposables reste une figure majeure du cinéma d’horreur. Même au rayon jouet ? Le réalisateur et scénariste Osgood Perkins s’empare d’une nouvelle de Stephen King – décidément le romancier préféré du manque d’inspiration d’Hollywood – pour envoyer Theo James (The Gentlemen), Tatiana Maslany (She-Hulk), Adam Scott (Severance) ou encore Elijah Wood (Wedding Nightmare 2) au casse-pipe. Qui remportera la cymbale ?
Le synopsis de The Monkey
On ne va pas passer par quatre chemins, l’intrigue de The Monkey est extrêmement minimaliste, comme si sa nature horrifique suffisait à ce que l’on se contente de peu, l’essentiel étant ailleurs. Un classique dans le genre.
Bref, on suit donc deux frangins qui récupèrent un mystérieux jouet de singe dans les affaires du paternel. En tournant la clé, ils lancent une série de morts atroces chez leurs proches. À partir de là, on part sur un peu moins de 100 minutes d’un Chair de Poule pour adultes. Enfin, ça, c’est ce que l’on croyait.
La frousse au jouet ?
The Monkey est peut-être le meilleur exemple qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture. On pensait ressentir une certaine tension devant le bébé de Perkins, surtout que le fils d’Anthony « Norman Bates » Perkins nous avait déjà bien surpris avec son Longlegs. On se trompait lourdement. Le macaque n’est pas un film d’horreur, mais une comédie gore. Et la différence est majeure.

Déjà, parce que non, le long-métrage ne fait absolument pas peur. Jamais. Nada. Ce n’est pas le projet. Dès l’entame, on comprend que l’objectif est davantage de tourner en dérision sa mythologie. On est face à une sorte de Destination Finale, mais dans sa version exagérée de Bloodlines, avec encore plus de second degré (si, c’est possible). Les tripes sortent, les corps explosent, mais Perkins s’amuse constamment à jouer sur les ruptures de ton avec des personnages complètement décalés.
Un accident domestique qui se transforme en scène de Benny Hill, une jeune femme beaucoup trop belle dans un motel minable dont le bras déchiqueté manque d’assommer le personnage principal, un véritable clafoutis en guise de corps écrasé et toujours la voix off de Theo James affrontant les événements dans le plus grand des calmes. Chaque scène va être plus extravagante que la précédente, à la fois dans la comédie et l’horreur, et on finit par en savourer chaque minute avec l’impatience de ce qui arrive ensuite. Peut-on rire de la mort ? The Monkey ne se pose même pas la question.

Le guignolesque touche chaque protagoniste, y compris les plus secondaires. Elijah Wood en icône de la paternité buvant dans une gourde bien trop grande pour lui, Rohan Campbell en jeune homme punk beaucoup trop intense, et même le prêtre de service n’a aucune idée de comment faire un éloge funèbre. Et puis il y a Theo James (sosie officiel de James Franco) dans un double exercice de surjeu truculent. C’est magnifiquement volontairement ringard.
Il y a fort à parier que les mauvaises notes publiques de The Monkey sont dues à la surprise légitime des spectateurs. Imaginez-vous être venu voir le nouveau bijou d’un cinéaste décidément très fort pour ne pas suivre les schémas établis, et vous retrouver face à une comédie aussi généreuse et macabre, mais aucunement oppressante ni terrifiante. À partir de cet instant, il y aura donc deux écoles. Soit on crie à l’arnaque et on part bouder, soit on se laisse prendre au jeu. Si vous prenez la seconde option, l’expérience est assez délicieuse, parodiant plus qu’adaptant l’œuvre de King.

Cela accouche d’une œuvre au final imprévisible, surprenante, dont on ne devine jamais quel sera le prochain coup de folie de sale gosse. Qui aurait osé faire un film dont l’histoire ne démarre réellement qu’à une demi-heure de la fin ? Qui aurait osé se lancer dans une ultime scène de carnage qui n’a rien à envier à un Scary Movie ? The Monkey fait de belles singeries et c’est sans aucun doute ce qui fait son charme, loin d’un domaine horrifique qui l’aurait peut-être enfermé dans une case bien trop restrictive et impersonnelle. On pourrait pinailler sur sa durée trop courte par rapport au plaisir pris, mais est-ce que ce n’était pas plutôt malin d’éviter d’être plombé par ses longueurs ?

Alors prenez votre saladier de pop-corn et laissez-vous porter par un joyeux massacre. Ici on s’amuse avec les tripes et on en redemande volontiers. On pourrait pinailler sur sa durée trop courte par rapport au plaisir pris, mais est-ce que ce n’était pas plutôt malin d’éviter d’être plombé par ses longueurs ?
The Monkey est aussi en blu-ray
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