Depuis que l’équipage de Crew-11 a été obligé de quitter l’ISS le 14 janvier, la NASA s’était murée dans le silence et n’avait pas communiqué d’informations supplémentaires quant à l’incident. Même si nous ne savons pas encore ce qu’il s’est réellement passé, l’astronaute anonyme qui a souffert d’un problème médical a désormais un nom. Il s’agit de Mike Fincke, figure emblématique de l’agence américaine, un véritable vétéran qui a passé plus de 500 jours de sa vie en orbite, ce qui le place au quatrième rang des astronautes américains les plus expérimentés de l’histoire.
Pour rappel, c’est la première fois qu’un tel incident a lieu à bord de la station en 25 ans, qui a tourné en effectif réduit (trois personnes seulement) un long moment. Un mois après, la NASA a envoyé Crew-12 en renfort pour que l’ISS reprenne son fonctionnement normal.
Fin de l’omerta à la NASA : le témoignage de Mike Fincke
Si Mike Fincke garde encore le secret sur la pathologie qui a mené à son évacuation, les faits parlent d’eux-mêmes : on n’annule pas une sortie extravéhiculaire (EVA) et on ne mobilise pas une capsule SpaceX pour une simple migraine. Le fait que la NASA ait pris cette décision prouve que ses constantes médicales présentaient certainement une anomalie incompatible avec l’effort intense demandé par une EVA.
En attendant d’être rapatrié, l’équipage a été contraint de faire avec les moyens du bord pour établir un pré-diagnostic, notamment grâce à l’échographe portatif embarqué à bord de la station.
Mike Fincke, sans donner plus de précisions, a affirmé que son état était « un événement médical ayant nécessité une attention immédiate » de la part de ses collègues astronautes. « Le vol spatial est un privilège incroyable, et parfois, il nous rappelle à quel point nous sommes humains » a-t-il expliqué dans une déclaration officielle. C’est une manière très diplomatique de déculpabiliser les futurs équipages qui pourraient rencontrer des problèmes médicaux.
Pour un astronaute de sa génération, abandonner une mission et forcer ses coéquipiers à rentrer est un poids psychologique immense. En effet, il n’aurait pas pu rentrer seul à bord de la capsule, même si ses trois coéquipiers se portaient bien. Il y a une règle, à bord de l’ISS, qui passe au-dessus de toutes : si un équipage monte au complet, il doit redescendre au complet, coûte que coûte.
Si Mike Fincke était rentré seul, les trois autres membres de Crew-11 seraient restés à bord sans la capsule. En cas d’autre problème, ils n’auraient eu aucune solution pour évacuer la station : c’est un risque que la NASA ne prendra jamais.
Surtout qu’il occupait un rôle central durant cette mission, puisqu’il était Commandant depuis son arrivée à bord le 9 décembre 2025. Il assurait la responsabilité opérationnelle de l’intégralité du complexe orbital et était garant de la sécurité de l’équipage international (incluant les membres russes et japonais) et de la réussite de toutes les expériences scientifiques. La bonne tenue de la mission aurait été fortement perturbée sans lui.
Même si, selon ses mots, son état de santé ne représentait pas un état d’urgence absolu, dans l’espace, la marge d’erreur est de zéro. Il n’y a pas de « petite » urgence à 400 km d’altitude, d’où la nécessité de cette évacuation et de « profiter d’appareils d’imagerie médicale avancée non disponibles sur la station spatiale ». Dès leur amerrissage dans l’Océan Pacifique, les quatre membres de l’équipage ont été dirigés vers un hôpital de San Diego pour des examens médicaux plus poussés avant de regagner le centre spatial de Houston le lendemain. Aujourd’hui, Mike Fincke affirme se porter pour le mieux, mais devra encore patienter avant de pouvoir regagner sa certification au vol. Même si l’astronaute de 58 ans est aguerri, il faudra absolument comprendre ce qui lui est arrivé le 7 janvier et s’assurer qu’il ne souffrira d’aucune séquelle à long terme.
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