Vingt petites minutes. C’est le temps qu’il faudra, selon les partisans de l’hyperloop, pour relier Paris à Londres si des capsules circulant dans des tubes sous vide atteignaient près de 1.000 km/h. De quoi faire passer l’Eurostar pour un train régional ! Cette promesse un peu folle est testée loin des grandes capitales, à Veendam, petite ville industrielle du nord des Pays-Bas. C’est là que l’UE a ouvert en 2024 le Centre européen Hyperloop, doté d’un tube d’essai d’environ 400 mètres.
Effacer les distances à 1 000 km/h
Le concept, popularisé en 2013 par Elon Musk, repose sur des capsules propulsées dans des tubes quasi sous vide. En réduisant drastiquement la résistance de l’air — qui représente jusqu’à 85 % de la consommation d’énergie dans les transports classiques — les promoteurs estiment possible d’atteindre des vitesses dignes d’un avion… au sol.
À Veendam, les capsules ne roulent pas sur des rails. Elles lévitent grâce à des aimants, selon un principe proche des trains maglev. « C’est plus proche du vol que du rail traditionnel », explique le directeur du centre, Kees Mark, au Telegraph. Moins de pièces mécaniques, donc moins d’usure, du moins en théorie.
En décembre dernier, les ingénieurs ont franchi une étape importante : un changement de voie « sans pièces mobiles », réalisé à 88 km/h. Concrètement, il suffit d’ajuster l’alimentation des aimants de guidage pour faire bifurquer la capsule. Un passage obligé si l’hyperloop veut devenir autre chose qu’une simple liaison d’un point A à un point B.
Le projet a déjà connu des turbulences. Aux États-Unis, Virgin Hyperloop, qui avait réalisé le premier test avec passagers dans le Nevada, a fermé en 2023, victime des coûts qui ont explosé. Beaucoup y ont vu la fin prématurée d’un rêve. En Europe, l’approche se veut plus progressive. L’entreprise néerlandaise Hardt, issue d’un concours d’ingénierie lancé par Elon Musk, pilote une partie des travaux.
Maintenir un vide stable dans de longs tubes, sensibles aux fuites et aux variations de température, est un autre casse-tête. La Chine affirme avoir avancé sur ce terrain et dispose déjà d’une piste d’essai d’environ 2 kilomètres dans la province du Shanxi. En décembre, des chercheurs y ont propulsé un véhicule en lévitation de 0 à 700 km/h en deux secondes.
Reste la question la plus terre-à-terre : l’argent. Construire une ligne complète capable de démontrer la viabilité commerciale du système nécessite des investissements considérables. « Le financement est au moins aussi important que la technique », reconnaît Tim Houter. Sans infrastructure à grande échelle, difficile de démontrer la sécurité et la rentabilité du modèle.
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